
Le 17 octobre 1806 marque une date sombre dans l’histoire d’Haïti. Ce jour-là, à Pont-Rouge, au nord de Port-au-Prince, Jean-Jacques Dessalines, le père de l’indépendance haïtienne et premier empereur du pays sous le nom de Jacques Ier, fut assassiné par des rivaux politiques. Celui qui avait conduit les troupes révolutionnaires à la victoire contre l’armée napoléonienne, garantissant la liberté des anciens esclaves et fondant la première république noire du monde en 1804, a vu son règne brutalement interrompu à l’âge de 48 ans.
DESSALINES, par son caractère intransigeant et son ambition de bâtir une nation indépendante, était devenu une figure controversée parmi ses contemporains. Si son autoritarisme et ses réformes avaient suscité des résistances, sa vision d’une Haïti souveraine et forte demeure incontestable. Son assassinat, orchestré par des membres de l’élite dirigeante.
Une Haïti en crise perpétuelle depuis la mort de son fondateur
Depuis la disparition tragique de Jean-Jacques Dessalines, Haïti n’a cessé de traverser des périodes de crises politiques, économiques et sociales. L’unité fragile qui existait à la naissance de la nation s’est effondrée après son assassinat, donnant lieu à une fragmentation du pouvoir. Le pays fut divisé en deux : le sud sous le contrôle d’Alexandre Pétion, qui instaura une république, et le nord sous Henri Christophe, qui se proclama roi. Cette division marqua le début d’une longue série de luttes intestines et de gouvernements instables.
Les rêves d’une Haïti forte et prospère que portait DESSALINES furent rapidement remplacés par des rivalités internes, des coups d’État, des régimes autoritaires et une lutte constante pour le pouvoir. Au fil des décennies, le pays a connu des dictatures, des interventions étrangères, des catastrophes naturelles, et une pauvreté chronique, tous exacerbant les tensions sociales et politiques.
Plus de deux siècles après la mort de Dessalines, Haïti continue de souffrir de ce cycle de crises. Les divisions politiques, les luttes de pouvoir et l’incapacité à établir des institutions stables perpétuent les défis qui affligent la nation. Chaque année, le 17 octobre, le peuple haïtien commémore l’assassinat de Dessalines, non seulement pour honorer sa mémoire en tant que héros de l’indépendance, mais aussi pour réfléchir aux idéaux qu’il portait et aux espoirs d’un avenir meilleur qu’il nourrissait pour Haïti.
Malgré ces nombreuses crises, l’esprit de Dessalines, celui d’une Haïti libre et indépendante, reste un symbole puissant de la résilience et de la lutte du peuple haïtien pour la justice et la dignité.
Santa Barbara JEAN-BAPTISTE