Face à la crise, des acteurs politiques et de la société civile avancent une feuille de route et appellent à la responsabilité collective.
Une large coalition regroupant organisations politiques, association syndicales, institutions de la société civile et personnalités publiques a rendu publique, ce jeudi 15 janvier, une déclaration conjointe définissant une perspective de sortie de crise en Haïti. Parmi les signataires figurent, entre autres, PATRIM, la Force Louverturienne Réformiste, l’Organisation pour une Nouvelle Haïti, la Coalition Nationale et le Bloc du Milieu.
Au centre de cette prise de position, les signataires rappellent que le 7 février 2026 marquera la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), conformément aux dispositions de l’accord du 3 avril 2024. Ils estiment dès lors indispensable d’anticiper l’après-CPT afin d’éviter toute vacance du pouvoir.
UNE TRANSITION INCLUSIVE ET CONCERTÉE
Pour encadrer cette étape décisive, la coalition propose la mise en place d’une nouvelle gouvernance intérimaire inclusive, fondée sur l’organisation d’une convention nationale. Cette rencontre rassemblerait les principales forces politiques et sociales du pays sous la supervision d’un Collège National de Facilitation.
Pensé comme un espace neutre et fédérateur, ce collège serait composé de représentants des confessions religieuses, de la CORPUHA (universités), de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti, y compris les chambres départementales, ainsi que d’organisations citoyennes. L’objectif affiché est d’assurer un processus crédible, enraciné dans les réalités nationales et bénéficiant d’une large légitimité.
RESPONSABILITÉ NATIONALE ET ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX
La déclaration s’adresse également à la communauté internationale. Les signataires appellent l’ensemble des acteurs haïtiens à faire prévaloir l’intérêt général, tout en exhortant les partenaires étrangers à honorer leurs engagements en faveur du renforcement des forces nationales de sécurité, condition jugée essentielle au rétablissement de l’autorité de l’État.
VIGILANCE CITOYENNE FACE AUX RISQUES D’INSTABILITÉ
Conscients des tensions persistantes, les initiateurs du texte estiment que leur proposition constitue une alternative pour prévenir une nouvelle phase de chaos. Ils invitent la population à demeurer vigilante et mobilisée afin d’accompagner cette démarche, présentée comme un moyen de doter le pays d’une gouvernance crédible, stable et largement acceptée par les institutions sociales et morales.
Alors que le calendrier de la transition entre dans sa phase décisive, cette déclaration s’impose comme une contribution structurée au débat national sur l’avenir politique du pays, misant sur le dialogue et la concertation pour tenter de sortir durablement de la crise.
Fritz Gerald Hussein VALME



