Port-au-Prince, 23 janvier 2025 – Dans un climat de crise politique aiguë et de blocage des institutions de transition, le Groupe des cinquante partis politiques (G50) a dévoilé, ce vendredi, une feuille de route jugée audacieuse pour tenter de sortir le pays de l’impasse. Cette proposition intervient alors que de profondes divisions au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) paralysent le fonctionnement de l’exécutif.
Lors d’une conférence de presse, le G50 est longuement revenu sur le bras de fer opposant le CPT à la Primature. Un groupe de conseillers présidentiels a récemment signé une résolution visant à remplacer le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé. Toutefois, ce document n’a toujours pas été rendu public. Selon plusieurs sources concordantes, le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, refuserait d’en assurer la transmission, illustrant l’ampleur des dissensions internes au sommet de l’État.
Face à ce qu’il qualifie de « paralysie institutionnelle grave », le président du G50, Mercilus Joseph, a présenté la proposition centrale du collectif. À la date du 7 février 2026, considérée comme une échéance constitutionnelle clé, le G50 estime que le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), dernière institution encore investie d’une légitimité constitutionnelle, devrait désigner un juge pour conduire une nouvelle transition.
UNE TRANSITION PLACÉE SOUS L’AUTORITÉ JUDICIAIRE
Selon Mercilus Joseph, cette option s’impose dans un contexte où aucune autorité exécutive ne parvient à fonctionner de manière consensuelle. « Dans ces circonstances exceptionnelles, un magistrat reconnu pour son intégrité pourrait assurer la direction de l’État », a-t-il expliqué. Ce juge aurait pour première mission de nommer, après consultations et sur une base consensuelle, un Premier ministre chargé de former un gouvernement d’union nationale.
Ce gouvernement de transition serait investi de priorités clairement définies : rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire afin de permettre le retour des déplacés internes, restaurer l’autorité de l’État et organiser des élections libres, honnêtes et crédibles dans un délai maximal de six mois. L’objectif affiché est de réinscrire le pays dans un cadre démocratique et constitutionnel stable.
UN DIALOGUE NATIONAL COMME CONDITION PRÉALABLE
Tout en reconnaissant l’existence de propositions concurrentes autour de l’échéance du 7 février 2026, le G50 rejette toute solution imposée. Le collectif plaide pour l’organisation d’un dialogue national ouvert, inclusif et sincère, réunissant partis politiques, société civile, Églises, secteur privé, diaspora et organisations de défense des droits humains.
Ce cadre de concertation devrait permettre d’examiner l’ensemble des scénarios de sortie de crise, d’aboutir à un consensus sur le modèle de transition et de désigner les responsables appelés à la diriger. Le processus devrait déboucher sur la signature d’un pacte de gouvernabilité, destiné à prévenir la répétition des crises institutionnelles.
En conclusion, le G50 a demandé le départ du Conseil Présidentiel de Transition, qu’il juge divisé et incapable de répondre aux urgences nationales. Cette proposition collective, qui remet en cause l’architecture actuelle de la transition, s’impose désormais comme un nouvel élément central du débat politique. Reste à savoir comment les autres acteurs nationaux et les partenaires internationaux accueilleront cette initiative dans un contexte marqué par de fortes tensions et une attente pressante de solutions durables.
Fritz Gerald Hussein VALME



