Port-au-Prince, 6 février 2026 – À la veille de l’expiration du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), l’organisation citoyenne Viv Ayiti et UNIFORSH ont tenu, ce vendredi, une conférence de presse d’urgence, appelant la population à la vigilance face à des menaces annoncées pour la journée du 7 février.
Le porte-parole de Viv Ayiti, Rony Thimoté, a lancé un avertissement solennel. Bien que le CPT soit censé quitter le pouvoir à minuit, ses membres auraient, selon lui, noué des alliances avec des groupes armés et pourraient tenter de semer l’instabilité. « Ils ont essayé de provoquer un désordre généralisé par tous les moyens. Cela n’a pas fonctionné, mais nous devons rester vigilants », a-t-il insisté.
UN BILAN SÉVÈRE ET DES COMPTES EXIGÉS
Dressent un bilan critique des neuf mois de gestion du CPT, les responsables estiment que les objectifs fixés — rétablissement de la sécurité, organisation d’un référendum et d’élections — n’ont pas été atteints. « Ils n’ont rien accompli », a déploré Rony Thimoté, affirmant que les membres du Conseil devront répondre de leurs actes devant la justice.
Il a néanmoins salué la mobilisation citoyenne et souligné que, selon lui, la communauté internationale a constaté l’échec du CPT. « Leur mission est terminée. Nous leur demandons de plier bagage », a-t-il déclaré, exhortant également les forces de l’ordre à assumer pleinement leurs responsabilités dès minuit.
UN APPEL PRESSANT AU PREMIER MINISTRE
Viv Ayiti a adressé plusieurs exigences au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’invitant à s’adresser à la nation dès l’aube du samedi 7 février afin de :
1. Acter officiellement la fin du mandat du CPT ;
2. Lancer un dialogue inclusif entre tous les secteurs pour définir une solution nationale durable ;
3. Prouver l’existence d’une volonté réelle de rétablir la sécurité ;
4. Engager concrètement le processus référendaire et électoral.
« Le Premier ministre reste en fonction, mais cela ne signifie pas un chèque en blanc », a averti Rony Thimoté, précisant que le soutien de Viv Ayiti et d’UNIFORSH demeurera conditionnel et vigilant.
SATISFACTION ET MISE EN GARDE
Le porte-parole a également salué l’avis de recherche émis par la DCPJ contre Smith Joseph, ancien chef de cabinet de Fritz Alphonse Jean, dans des affaires présumées de corruption et de financement de gangs armés. Selon lui, des fonds publics auraient été détournés au profit de groupes criminels.
Il a conclu en lançant un avertissement clair aux forces de l’ordre : « Arrêtez tout membre du CPT qui tenterait de déstabiliser le pays ».
« Le désordre n’a plus sa place »
De son côté, le coordonnateur de Viv Ayiti, Biron Odigé, a appelé à un sursaut civique, invitant la population à faire preuve de responsabilité. « Le désordre n’a plus sa place. Nous devons redoubler d’efforts en tant que peuple civilisé », a-t-il déclaré.
Il a également critiqué les récentes manœuvres politiques, qualifiant de « théâtre » certaines démarches de partis auprès de l’ambassade américaine et de la CARICOM. « La CARICOM a échoué, tout comme le CPT. Ce dernier ne peut pas prétendre organiser un dialogue pour résoudre la crise qu’il a contribué à aggraver », a-t-il estimé.
Alors qu’Haïti s’apprête à franchir une étape institutionnelle incertaine, les appels à la vigilance, à la responsabilité et à une refonte crédible du processus de transition se multiplient, dans un climat marqué par la méfiance et la crainte de nouveaux troubles.
Fritz Gerald Hussein VALME

