Port-au-Prince, 8 mars 2026 – À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, l’auditorium de FADHRIS s’est transformé, le temps d’une matinée, en lieu de réflexion et de conscientisation. À l’initiative des organisations Brenstore+, UD Events et Alamen Ayiti, des dizaines de jeunes ont participé à une formation intensive sur le thème » Fanm gen pouvwa « . Des performances artistiques ont ponctué l’événement, renforçant l’impact du message.
Ce rassemblement allait bien au-delà d’une simple conférence : c’était un véritable cri du cœur collectif. Dans la salle, des visages attentifs cherchaient des clés pour comprendre et agir. Parmi les invités d’honneur figuraient l’ancienne ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Sofia Loréus, le président du CEDEC, Joseph Domingue Orgella, le pasteur Farah Jovial, ainsi que plusieurs acteurs influents de la société civile.
« Utilisons notre pouvoir pour écouter, pas pour juger »
Le moment fort de la matinée fut l’intervention de Sofia Loréus, qui a livré un message poignant sur le rôle citoyen face aux violences basées sur le genre.

« Nous allons mettre le pouvoir des femmes au service de la protection de toutes celles qui sont victimes de violence. La manière dont une femme s’habille ne peut jamais justifier qu’on la viole », a-t-elle affirmé.
Elle a insisté sur l’importance du soutien de l’entourage, trop souvent prompt à critiquer. « Quand une personne trouve le courage de parler, il faut l’écouter, la soutenir, et non la juger ».
L’ex-ministre a également souligné la nécessité d’un accompagnement complet : « Il faut l’emmener à l’hôpital, l’aider à faire valoir ses droits devant la justice et lui assurer un soutien psychosocial immédiat ». Selon elle, le jugement constitue une seconde violence : « Critiquer ou blâmer une victime peut détruire son estime de soi et sa confiance, jusqu’à provoquer dépression ou désespoir ».
Elle a conclu sur l’ampleur du combat : « Le taux de violence en Haïti est tel qu’aucune personne seule ne peut le combattre. C’est un engagement citoyen collectif ».
FORMER DES CITOYENS RESPONSABLES
De son côté, Joseph Domingue Orgella, président du CNSCA, a insisté sur l’importance de l’action collective pour bâtir une société plus équitable : « Il faut former de bons citoyens pour refonder le tissu social haïtien ».
Estime de soi, autonomie et savoir-vivre
La formation a abordé des thèmes variés, reflétant la complexité de l’émancipation féminine et de l’égalité :
▪︎ Anabelle Jean a traité de l’estime de soi, fondement de l’émancipation personnelle.
▪︎ Pasteur Farah Jovial a souligné l’importance de l’autonomie économique pour garantir l’indépendance des jeunes.
▪︎ Mister Mic a abordé l’étiquette et le protocole, rappelant que la dignité se cultive aussi au quotidien.
Une séance d’atelier en PVC a également permis aux participants de mettre en pratique les enseignements reçus, favorisant échanges et mises en situation concrètes.
Clôture et reconnaissances

La matinée s’est conclue par la remise de certificats aux participants et la décoration de Mme Sofia Loréus, en reconnaissance de son engagement pour les droits des femmes.
À travers cette initiative, Brenstore+ et Alamen Ayiti réaffirment leur volonté de faire de la jeunesse un rempart actif contre les violences et un vecteur de changement culturel en Haïti.
Fritz Gerald Hussein VALME


