Alors qu’Haïti s’enfonce dans un vide institutionnel inédit, le Parti des Travailleurs Révolutionnaires des Masses (PATRIM) tire la sonnette d’alarme. Face à l’insécurité persistante, à la hausse des prix et à l’affaiblissement de l’État, le parti réclame une révision urgente de la grille salariale ainsi qu’une augmentation significative du salaire minimum.
UN ÉTAT FRAGILISÉ, UNE POPULATION À BOUT DE SOUFFLE
L’État haïtien continue de perdre du terrain. L’autorité publique s’effrite, laissant une population livrée à elle-même dans un contexte marqué par l’insécurité, la crise économique et une méfiance généralisée. Dans ce climat, PATRIM met en avant une priorité : la justice salariale.
Depuis plusieurs mois, le pouvoir d’achat des travailleurs ne cesse de se dégrader. Les prix des produits de première nécessité grimpent, les loyers deviennent difficiles à supporter et les coûts du transport comme des services de base pèsent lourdement sur des revenus déjà précaires. La récente augmentation des prix du carburant a encore accentué ces difficultés.
« Maintenir les salaires actuels revient à entériner une injustice sociale criante », dénonce le parti.
DES ENGAGEMENTS RESTÉS SANS SUITE
À l’été 2024, des assises organisées le 26 juillet sur l’impact de la crise avaient suscité des attentes. Elles avaient débouché sur plusieurs résolutions, notamment la modernisation de la grille salariale, jugée inadaptée aux réalités économiques et aux qualifications des travailleurs.
Selon PATRIM, le maintien du système actuel ne fait qu’aggraver les inégalités et exposer davantage les catégories les plus vulnérables.
UNE RÉFORME JUGÉE INDISPENSABLE
Pour le parti, la revalorisation du salaire minimum dépasse le cadre d’une simple mesure sociale. Elle constitue un levier essentiel pour soutenir la consommation, stimuler l’économie et apaiser les tensions sociales.
PATRIM appelle ainsi à l’ouverture d’un dialogue autour de trois priorités :
▪︎ Adapter la grille salariale aux réalités économiques actuelles ;
▪︎ Revaloriser progressivement et de manière significative le salaire minimum ;
▪︎ Mettre en place des mécanismes de suivi pour garantir l’application effective des décisions.
UN APPEL À DES ACTIONS CONCRÈTES
« La dignité des travailleurs ne saurait être une variable d’ajustement. Elle ne se négocie pas », affirme PATRIM, soulignant également que la patience de la population a ses limites.
Le parti estime qu’aucune reconstruction durable ne sera possible sans une reconnaissance réelle du rôle des travailleurs dans la production des richesses nationales.
Il réaffirme enfin son engagement aux côtés des forces sociales mobilisées, promettant de continuer à défendre leurs revendications et à exiger des mesures concrètes.



