En tournée aux Gonaïves du 3 au 5 mai 2026, le président du Conseil National de la Société Civile Ayitienne (CNSCA), Joseph Domingue Orgella, a plaidé pour un leadership féminin fort, tout en dénonçant l’abandon des infrastructures publiques et exhorté les citoyens à un sursaut patriotique face à la crise nationale.

GONAÏVES, ENTRE MÉMOIRE HISTORIQUE ET ABANDON
Les Gonaïves, berceau de l’indépendance haïtienne, font aujourd’hui face à une profonde dégradation des infrastructures et au désengagement de l’État. C’est le constat qu’a dressé Mr. Joseph Domingue Orgella, président du Conseil National de la Société Civile Ayitienne tienne (CNSCA), lors d’une tournée de trois jours dans le département de l’Artibonite.
Accompagné de responsables locaux, il a multiplié les rencontres avec des organisations de la société civile, notamment des structures regroupant des femmes rurales.
« LES FEMMES DOIVENT PRENDRE LES RÊNES »
Le dimanche 3 mai, devant des représentantes de la Confédération des Organisations des Femmes Rurales d’Haïti (CONFORH) venues de 17 communes, Mr. Joseph Domingue Orgella a lancé un appel fort en faveur du leadership féminin.
> « Les hommes dirigent ce pays depuis 222 ans sans résultats probants. Il est temps que les femmes prennent les rênes », a-t-il déclaré.
Le responsable du CNSCA a évoqué la nécessité d’une « deuxième indépendance », portée cette fois par les femmes haïtiennes, qu’il considère comme des actrices essentielles du redressement national. Il a également exhorté les organisations communautaires à se structurer davantage afin d’assurer un leadership éclairé dans un contexte de crise multidimensionnelle.
L’ANCIENNE BASE DE LA MINUSTAH DANS UN ÉTAT CRITIQUE
Le mardi 5 mai, Mr. Joseph Domingue Orgella, également coordonnateur du Centre de Développement Communautaire (CEDEC), a visité le site d’Idaï, anciennement occupé par la Minustah et abritant plusieurs directions départementales.

Selon lui, les bâtiments des Affaires sociales, de l’OFATMA, du MCFDF, de l’IBESR, de la prison civile, du ministère de la Défense et du ministère de l’Environnement se trouvent dans un état de délabrement avancé. Il a également dénoncé des routes impraticables et des espaces envahis par les broussailles.
> « Cet espace autrefois entretenu est aujourd’hui laissé à l’abandon. Cela révèle nos difficultés à assurer une gouvernance efficace », a-t-il regretté.
Le président du CNSCA a aussi pointé la dégradation de lieux symboliques tels que la Place d’Armes et la Place du Souvenir des Gonaïves, qu’il juge négligées et insalubres.
UN APPEL À DÉPASSER LE MILITANTISME DE FAÇADE
Interrogé sur les activités du professeur Cily Lefort, formateur régional du CNSCA dans le Grand Nord, Mr. Joseph Domingue Orgella s’est félicité des sessions de formation réalisées dans plusieurs départements. Selon lui, ces initiatives permettent aux responsables communautaires de mieux assumer leurs responsabilités sur le terrain.
Il a toutefois invité les organisations à dépasser certaines pratiques qu’il juge insuffisantes.
> « Le peuple et les leaders ne doivent pas se limiter aux notes de presse et aux manifestations. Il faut un engagement concret et permanent pour sauver le pays », a-t-il insisté.
VERS UNE MOBILISATION CITOYENNE AUX GONAÏVES
Le dirigeant du CNSCA a salué l’initiative de nettoyage de la Place d’Armes menée par des églises et organisations locales, y voyant un signe encourageant de réveil citoyen.
Rappelant que l’indépendance d’Haïti a été proclamée aux Gonaïves, il a appelé les forces vives de l’Artibonite à se mobiliser davantage pour redonner à la ville son image historique et symbolique.
> « L’élite de l’Artibonite n’a pas été à la hauteur », a-t-il estimé, exhortant les institutions publiques à restaurer la dignité des espaces administratifs et patrimoniaux de la région.
UNE TOURNÉE APPELÉE À SE POURSUIVRE
Le CNSCA annonce vouloir poursuivre ses visites dans d’autres régions du pays, avec un accent particulier sur le soutien aux structures regroupant des femmes rurales.
Objectif affiché : contribuer au redressement national à partir des communautés locales, dans un contexte où de nombreuses zones restent confrontées à l’absence ou à la faiblesse des services de l’État.
Fritz Gerald Hussein VALME


