Des organisations féministes et anciennes ministres dénoncent une décision « politique » du gouvernement et un recul majeur pour la représentation des femmes dans l’administration publique.
Port-au-Prince, 9 mai 2026 – La révocation de Mme. Sandy François à la direction générale du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) suscite une vive indignation au sein du mouvement féministe haïtien. Dans une note rendue publique ce samedi, une coalition de dix-sept organisations de défense des droits des femmes et plusieurs anciennes ministres condamnent fermement cette décision du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dénonçant un nouveau recul pour la participation des femmes à la gouvernance publique.
Le départ de Mme. Sandy François, cadre expérimentée ayant consacré plus de trente ans au MCFDF, au profit de Hermanex Gonzague Désir, est perçu par les signataires comme un symbole préoccupant d’exclusion politique.
UNE REPRÉSENTATION FÉMININE EN NET RECUL
Les organisations signataires soulignent qu’avec cette nomination, seules trois femmes dirigent désormais une direction générale sur les dix-huit ministères du pays. Une situation qu’elles jugent incompatible avec le principe constitutionnel de 30 % de représentativité féminine dans la fonction publique.
« Écarter une femme de la direction du ministère chargé des droits des femmes pour la remplacer par un homme n’est pas anodin. C’est un choix politique assumé d’exclusion », peut-on lire dans le document.
La déclaration est notamment cosignée par les collectifs Nègès MAWON, MARIJÀN, Fondation Toya, Fanm Deside, ainsi que par plusieurs anciennes ministres, dont Mme.Marie Denise Claude, Gabrielle Hyacinthe, Eunide Innocent et Marjorie Michel.
DES ENGAGEMENTS JUGÉS BAFOUÉS
Les signataires rappellent que le MCFDF est le résultat de longues années de mobilisation pour doter Haïti d’une institution chargée de défendre les droits des femmes et de lutter contre les discriminations.
Selon elles, cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large de marginalisation des questions liées aux droits des femmes et des filles.
« Dans le contexte de crise et de transition politique que traverse le pays, affaiblir davantage la participation des femmes au sein du MCFDF constitue une grave atteinte aux droits des femmes et une violation des engagements nationaux et internationaux d’Haïti », affirment-elles.
APPEL À UNE MOBILISATION NATIONALE
Face à cette situation, les organisations féministes appellent à une mobilisation immédiate, forte et sans compromis afin de défendre les acquis en matière d’égalité de genre et de participation politique des femmes.
Elles exhortent également la société haïtienne à porter un regard plus critique sur les engagements du gouvernement concernant l’inclusion et les droits des femmes.
À ce jour, le cabinet du Premier ministre n’a publié aucune réaction officielle concernant cette controverse.
Principaux signataires de la déclaration :
Nègès MAWON, Organisation Féministe MARIJÀN, Fondation Toya, OEFE, SANPOUSAN FANM, RÈG, OTRAH, UPROFEM, Fanm Deside, REFKAD, ainsi que les anciennes ministres Marie Denise Claude, Gabrielle Hyacinthe, Eunide Innocent, Evelyne Sainvil, Françoise Suzan, Marjorie Michel, et les personnalités engagées Savannah Savary, Marie Margareth Fortuné et Sabine Martelly.
Fritz Gerald Hussein VALME


