PACTE NATIONAL POUR LA STABILITÉ : 303 SIGNATAIRES PLAIDENT POUR DES ÉLECTIONS CRÉDIBLES ET UN RENFORCEMENT DE LA SÉCURITÉ

Pétion-Ville, le 10 juillet 2026 – L’hôtel Kinam, à Pétion-Ville, a accueilli ce vendredi la présentation officielle de la déclaration des signataires du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections. Cette assise nationale a réuni plusieurs personnalités politiques, dont Me Caleb Jean-Baptiste, Biron Odigé, Rony Thimothée, l’ancien député Abel Descolines, ainsi que des représentants de diverses structures politiques engagées dans le processus.

Selon les organisateurs, plus de 80 % des signataires du Pacte, soit environ 240 des 303 membres ayant apposé leur signature au document publié dans Le Moniteur le 23 février 2026, ont pris part à cette rencontre. Après une mise en contexte assurée par Mme Nancy Vilcé, l’ancien député Abel Descolines a procédé à la lecture de la déclaration officielle.

Le document dresse un diagnostic de la crise multidimensionnelle que traverse le pays, tout en reconnaissant certaines avancées enregistrées sous l’administration du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

DES PROGRÈS RECONNUS DANS LE PROCESSUS ÉLECTORAL

Fruit de plusieurs ateliers de travail tenus depuis le 30 juin dernier, la déclaration rappelle que les gouvernements de transition ne peuvent, à eux seuls, résoudre les problèmes structurels d’Haïti. Leur principale mission demeure la création des conditions nécessaires au rétablissement de l’ordre constitutionnel à travers des élections libres, inclusives et transparentes.

Les signataires saluent ainsi plusieurs avancées jugées importantes, notamment le renforcement du Conseil électoral provisoire (CEP), la révision du décret électoral, l’adoption du budget de l’institution électorale ainsi que la publication de la liste des partis politiques habilités à participer aux prochains scrutins.

LA SÉCURITÉ, CONDITION ESSENTIELLE AU RETOUR À LA STABILITÉ

La déclaration souligne toutefois que l’insécurité demeure le principal obstacle à la tenue d’élections crédibles et à la restauration de l’autorité de l’État. Les signataires évoquent les déplacements massifs de populations, la fermeture d’entreprises et les perturbations du système éducatif causés par la violence armée.

Ils appellent les autorités à intensifier les efforts déjà entrepris et exhortent la communauté internationale à respecter ses engagements en faveur d’Haïti. Ils réclament notamment un appui accru à la Police nationale d’Haïti (PNH) et aux Forces armées d’Haïti (FAd’H), un renforcement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité ainsi qu’une coopération internationale plus soutenue afin de démanteler les réseaux criminels alimentant les groupes armés.

UN PACTE FONDÉ SUR LA COLLÉGIALITÉ

Les signataires ont également tenu à rappeler que le Pacte national est une initiative collective reposant sur le dialogue, le pluralisme et la concertation. Ils ont insisté sur le fait qu’aucun membre ni aucune organisation ne peut s’exprimer au nom du Pacte sans mandat formel de la majorité.

« Le Pacte n’est la propriété d’aucune personne ni d’aucun groupe », ont-ils affirmé, précisant que tout signataire demeure libre de s’en retirer, mais ne saurait continuer à invoquer le Pacte pour défendre des positions non validées collectivement.

APPEL AU RASSEMBLEMENT NATIONAL

Dans leur déclaration finale, les participants ont lancé un appel à l’ensemble des forces vives de la nation, partis politiques, organisations de la société civile, secteur privé, universités et syndicats afin de privilégier l’intérêt national au-delà des divergences politiques.

« L’heure n’est ni aux divisions ni aux calculs politiques. Elle est au rassemblement, à la responsabilité et au courage », ont déclaré les signataires.

Intervenant en clôture de la rencontre, le consul Richardson Étienne a qualifié cette assise d’aboutissement d’un long processus de concertation engagé depuis le 30 juin. Il a souligné le caractère participatif de la démarche et réaffirmé l’engagement des signataires en faveur de la stabilité institutionnelle et de l’organisation d’élections démocratiques.

Le Pacte national se présente ainsi comme un cadre de dialogue visant à favoriser le retour à l’État de droit et la mise en place d’institutions légitimes à travers un processus électoral crédible et inclusif.

Fritz Gerald Hussein VALME

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