Delmas, 28 septembre 2026 — Réuni en Convention national extraordinaire à la Respectable Loge Lumières Cosmiques n° 88, à l’Orient de Delmas, le Grand Orient d’Haïti de 1824 a procédé à l’adoption d’une nouvelle Constitution et à l’élection de son nouveau Grand Maître. Quarante loges maçonniques venues de différents districts du pays ont pris part à ces assises, tenues dans un contexte national marqué par de nombreuses incertitudes.
À l’issue du scrutin, Dr. Emmanuel Ménard a été élu 75e Grand Maître du Grand Orient d’Haïti de 1824, conformément aux dispositions constitutionnelles et réglementaires de l’Obédience. Le Convent lui a adressé ses vœux fraternels de réussite dans l’accomplissement de sa mission, au service de l’Institution, des Loges et de l’ensemble de la Fraternité.
Cette nouvelle étape est placée sous trois valeurs mises en avant lors du Convention : l’unité, la fraternité et la continuité.
Dans un message adressé à la communauté haïtienne, le nouveau Grand Maître a salué le courage et la détermination des délégués présents au Convention, qu’il a qualifiés de « nouveaux héros de notre obédience ». Il leur a également exprimé sa reconnaissance pour leur participation à ce qu’il considère comme un moment important dans l’histoire de l’Institution.
Dans son intervention, Emmanuel Ménard a présenté sa vision pour son mandat, en mettant l’accent sur la responsabilité, l’espérance et la transformation des mentalités. Évoquant la situation du pays, il a parlé d’un « tournant cosmique », qu’il associe à la fin d’un cycle marqué, selon lui, par la violence, la division, la haine et la trahison, ainsi qu’à l’espoir d’une nouvelle dynamique nationale.
Citant le livre d’Ésaïe: « Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé d’iniquités, à la race des méchants, aux enfants corrompus ! », le nouveau Grand Maître a livré une lecture particulièrement critique de certains maux de la société haïtienne. Il a notamment évoqué les violences, la perte de repères, l’affaiblissement du lien avec les traditions et l’identité nationale, ainsi que les profondes inégalités qui persistent dans le pays.
Pour Emmanuel Ménard, le changement ne saurait toutefois se limiter aux discours ou aux pratiques spirituelles. « Prier, organiser de grandes cérémonies spirituelles ou mystiques ne suffiront pas si nous ne changeons pas nos cœurs de pierres et ne transformons pas nos mentalités archaïques en pensées de lumière et d’amour », a-t-il déclaré, appelant ainsi à une transformation individuelle et collective.
S’adressant aux initiés haïtiens, où qu’ils se trouvent, il les a invités « à la table du devoir pour travailler pour la paix, au chevet de la Mère Patrie ». Répondant à la question souvent posée, « Où sont les Francs-maçons haïtiens ? », il a affirmé : « Nous sommes là, à l’heure convenue et Haïti ne déclarera pas forfait ! »
L’élection d’Emmanuel Ménard ouvre ainsi une nouvelle séquence pour le Grand Orient d’Haïti de 1824. À travers cette transition, l’Obédience entend poursuivre son action autour de ses valeurs et de ses engagements institutionnels, tout en affirmant sa volonté de contribuer à la réflexion sur l’avenir du pays.
En conclusion de son intervention, le nouveau Grand Maître a déclaré : « En vérité, j’ai dit ! »
Fritz Gerald Hussein VALME


