AYITI À L’HORIZON 2054 : LE LEADERSHIP FÉMININ, PILIER INCONTOURNABLE DE LA TRANSITION HAÏTIENNE

Mme. Myriam Fetière et Mme. Yolette Mengual plaident pour une implication massive, structurée et durable des femmes dans la refondation du pays.

Port-au-Prince, le 11 janvier 2026– L’émission « Ayiti à l’horizon 2054 », diffusée ce dimanche sur la Radio Télévision Fadhris et animée par Mr. Joseph Domingue Orgella, a une nouvelle fois mis en lumière le rôle stratégique du leadership féminin dans l’avenir politique et institutionnel d’Haïti. Pour ce nouvel épisode, deux invitées de marque étaient à l’antenne : Mme. Myriam Fetière, économiste, conseillère au ministère de l’Économie et des Finances, ancienne magistrate et ex-maire adjointe de Thomonde, et Yolette Mengual, communicatrice et experte en processus électoraux.

MYRIAM FETIÈRE : LE LEADERSHIP COMME VISION ET CAPACITÉ D’ACTION

D’entrée de jeu, Myriam Fetière a tenu à redéfinir la notion même de leadership.
« Le leadership ne se résume pas à l’occupation d’un poste ou à l’exercice du pouvoir. Il repose sur une vision, des actions concrètes et un comportement responsable », a-t-elle souligné.

Rappelant l’apport historique des femmes haïtiennes depuis l’Indépendance, elle a cité des figures emblématiques telles que Claire Heureuse et Catherine Flon, pour illustrer la capacité des femmes à assumer des rôles déterminants aux côtés des hommes.

Face à la transition politique à venir, son message a été sans détour :
« Les femmes doivent prendre leurs responsabilités, sortir de la marge, se rendre visibles et démontrer leurs compétences. Il ne faut pas attendre d’être sollicitées, mais s’imposer par l’action et contribuer activement à la réussite de la transition. »
Selon elle, toute refondation nationale crédible passe nécessairement par une mobilisation effective des femmes.

MME. YOLETTE MENGUAL : DES BASES EXISTANTES ET UNE VOLONTÉ POLITIQUE ÉMERGENTE

Interrogée sur l’état du mouvement féminin depuis le grand rassemblement du 3 avril 1986, Mme. Yolette Mengual a rejeté l’idée d’un essoufflement. Elle a mis en avant les États généraux des femmes, organisés par le ministère à la Condition féminine, qui ont suscité une forte adhésion des organisations féminines à travers le pays.

« Les organisations de femmes sont prêtes à exercer un leadership transformationnel pour l’avenir d’Haïti », a-t-elle affirmé, tout en insistant sur l’impératif d’inclusion et de participation active.
Elle observe aujourd’hui une volonté politique croissante d’impliquer les femmes dans les processus décisionnels.
« Le rétablissement de la paix en Haïti ne peut se faire sans les femmes », a-t-elle martelé, soulignant que la transition post-7 février ne doit pas se limiter à un changement d’équipe, mais viser l’organisation d’élections crédibles, le renouvellement de la classe politique et la construction d’institutions fiables.

DES OUTILS CONCRETS POUR UNE PARTICIPATION EFFECTIVE

Yolette Mengual a également évoqué l’existence de mécanismes concrets destinés à renforcer la participation des femmes, notamment les déclarations d’engagement signées par l’État, la société civile et les partenaires techniques et financiers à l’issue des États généraux, ainsi qu’un plan d’action national triennal.

Fondé sur un diagnostic des violences électorales et des obstacles à la participation féminine, ce plan prévoit la mise en place de comités nationaux et départementaux de suivi.

Sur la question sensible de la Force de Supression des Gangs (FSG), les deux invitées ont apporté des éclairages nuancés. Myriam Fetiere a indiqué travailler actuellement sur cette problématique afin d’évaluer, le moment venu, les garanties nécessaires au respect de la souveraineté nationale. De son côté, Yolette Mengual a rappelé qu’en tant que membre fondateur de l’ONU, Haïti est en droit de solliciter une assistance internationale, tout en insistant sur la nécessité d’un diagnostic sécuritaire national clair et d’une cohérence avec les normes internationales, notamment la résolution 1325 des Nations unies sur la participation des femmes aux processus de paix.

L’UNITÉ AUTOUR D’UN « FONDS COMMUN »

Les deux intervenantes se sont rejointes sur l’urgence de formuler une proposition unifiée pour l’après-7 février. Elles appellent à parler d’une seule voix – un « fonds commun » – afin de porter les solutions issues de la société haïtienne, en particulier celles portées par les femmes, reconnues comme des actrices clés de la transformation des mentalités et de l’atteinte des objectifs de développement durable.

À travers cette édition, l’émission « Ayiti à l’horizon 2054 » a dressé le portrait de femmes haïtiennes structurées, engagées et prêtes à assumer un leadership transformationnel, déterminées à occuper une place centrale dans la reconstruction nationale.

Fritz Gerald Hussein VALME

  • Articles connexes

    CEDEC : 29 ANS D’ENGAGEMENT AU SERVICE D’HAÏTI, UNE VISION PROJETÉE VERS 2035

    Lire plus

    HAÏTI AU BORD DU GOUFFRE : L’ÉCHEC ANNONCÉ DU CONSEIL PRÉSIDENTIEL DE TRANSITION

    Lire plus

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Publication raté

    CEDEC : 29 ANS D’ENGAGEMENT AU SERVICE D’HAÏTI, UNE VISION PROJETÉE VERS 2035

    CEDEC : 29 ANS D’ENGAGEMENT AU SERVICE D’HAÏTI, UNE VISION PROJETÉE VERS 2035

    AYITI À L’HORIZON 2054 : LE LEADERSHIP FÉMININ, PILIER INCONTOURNABLE DE LA TRANSITION HAÏTIENNE

    AYITI À L’HORIZON 2054 : LE LEADERSHIP FÉMININ, PILIER INCONTOURNABLE DE LA TRANSITION HAÏTIENNE

    HAÏTI AU BORD DU GOUFFRE : L’ÉCHEC ANNONCÉ DU CONSEIL PRÉSIDENTIEL DE TRANSITION

    HAÏTI AU BORD DU GOUFFRE : L’ÉCHEC ANNONCÉ DU CONSEIL PRÉSIDENTIEL DE TRANSITION