Réunis à l’hôtel Montana, responsables publics et leaders sociaux appellent au dialogue, à l’unité nationale et à une refondation plaçant les femmes au cœur du projet de société.
Pétion-Ville, 19 janvier 2026 – Le Conseil National de la Société Civile Ayitienne (CNSCA) a célébré, ce lundi, son cinquième anniversaire à l’hôtel Montana, transformant l’événement en un espace de réflexion stratégique sur l’avenir du pays. Placée sous le thème « Le leadership féminin dans la construction d’Haïti à l’horizon 2054 », la rencontre a mis l’accent sur la nécessité d’un dialogue citoyen renouvelé et d’un projet national inclusif.
L’activité a réuni plusieurs figures politiques, religieuses et de la société civile, dont la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Mme Pedrica St Jean, et le président de la Fédération protestante d’Haïti, le pasteur Alix Fleuridor. Tous ont souligné l’urgence d’une responsabilité collective face à la crise persistante.
UN APPEL À L’UNITÉ NATIONALE FACE À L’URGENCE
Prenant la parole, le pasteur Alix Fleuridor a insisté sur la nécessité d’une prise en charge interne des défis du pays. « Aucun étranger ne viendra résoudre nos problèmes », a-t-il déclaré, évoquant l’échéance politique du 7 février. Il a appelé à une mobilisation concertée afin de proposer une alternative crédible à une population durement éprouvée. Selon lui, le déficit d’organisation nationale affaiblit la position du pays sur la scène internationale. Il a conclu en encourageant les initiatives de rassemblement portées par des structures comme le CNSCA.
2054 : UN CAP HISTORIQUE À PRÉPARER DÈS MAINTENANT
Le coordonnateur du CNSCA, Mr. Joseph Domingue Orgella, a replacé le débat dans une perspective de long terme, rappelant que l’année 2054 marquera le 250ᵉ anniversaire de l’indépendance. « Pour éviter un nouvel échec, il faut commencer à travailler dès aujourd’hui », a-t-il affirmé, évoquant la nécessité d’une transformation profonde des mentalités et d’un véritable transfert générationnel.

Il a souligné que la préparation de cette échéance suppose un examen collectif des valeurs fondatrices de la nation. Dans cette optique, il a réaffirmé la proposition d’une Conférence nationale, conçue non comme un tribunal du passé, mais comme un cadre de consensus pour garantir que les erreurs d’hier ne se répètent plus.
LE LEADERSHIP FÉMININ COMME LEVIER STRATÉGIQUE
Intervenant sur le thème central, la ministre Pedrica St Jean a défendu le leadership féminin comme un impératif démocratique et stratégique. « L’avenir d’Haïti se construit avec les femmes, par les femmes et pour l’ensemble de la nation », a-t-elle déclaré, estimant qu’aucune société ne peut se consolider en marginalisant la moitié de sa population. Selon elle, l’inclusion des femmes dans les sphères décisionnelles est une condition essentielle à la stabilité et à la prospérité du pays.

DES PANELS ORIENTÉS VERS L’ACTION
La commémoration s’est poursuivie avec deux panels thématiques. Le premier, consacré au leadership féminin, a notamment donné la parole à Mme Darline Lorinceau (MCFDF) et à Dr Lucna Enrisme, qui a appelé à un engagement citoyen immédiat pour éviter que d’autres ne décident à la place du peuple.
Le second panel, axé sur la Conférence nationale comme outil de pacification, a réuni plusieurs experts, dont Dr Louino Pierre, Dr Jean Maxius Bernard et Me Shulz S. Casir, qui ont plaidé pour une démarche souveraine afin de répondre aux grands défis nationaux : insécurité, pauvreté, instabilité politique et frustration sociale.
AU-DELÀ DE L’ANNIVERSAIRE
En marquant ses cinq années d’existence, le CNSCA a affirmé sa volonté de jouer un rôle moteur dans la construction d’un projet national partagé. À travers la promotion du leadership féminin et l’appel à un dialogue historique, l’institution entend contribuer à l’émergence d’un Haïti apaisé, inclusif et viable à l’horizon 2054. Le défi reste désormais de faire en sorte que ces engagements se traduisent en actions concrètes et durables.
Fritz Gerald Hussein VALME



