La plateforme politique, qui regroupe notamment PATRIM, la Force Louverturienne Réformiste et le Bloc du Milieu, appelle à un front commun fondé sur « les seuls intérêts supérieurs de la nation ».
Port-au-Prince, 23 décembre 2025 – Alors que la crise multidimensionnelle que traverse Haïti continue de s’aggraver, le Consortium Patriotique, une plateforme réunissant plusieurs structures politiques, dont PATRIM, CNOH, L’AASP, la Force Louverturienne Réformiste et le Bloc du Milieu, CNOH, AASP, a haussé le ton ce mardi à travers une note de conjoncture particulièrement sévère.
Dans ce document, le consortium dresse un constat alarmant, affirmant que « la situation générale du pays se dégrade de jour en jour ». Face à ce qu’il qualifie d’échec manifeste de la transition en cours, le collectif soutient qu’un point ferait désormais consensus au sein des forces politiques et sociales, tant en Haïti que dans la diaspora : le départ collectif de l’ensemble des membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Présentée comme l’option la plus largement partagée, cette exigence marque un durcissement notable du discours d’une opposition de plus en plus structurée, qui estime que le CPT n’a pas su enrayer l’effondrement sécuritaire, institutionnel et socio-économique du pays.
Au-delà de cette demande, le Consortium Patriotique réaffirme sa proposition centrale : la mise en place urgente d’une nouvelle gouvernance intérimaire dite « réaliste ». Celle-ci devrait être composée, selon la plateforme, « d’hommes et de femmes intègres et compétents », capables de mettre en œuvre une feuille de route claire et opérationnelle.
Les priorités avancées portent notamment sur la reprise du contrôle du territoire, la lutte contre l’insécurité, le rétablissement de la paix et la fin des « pratiques de corruption en général ». Sur le plan socio-économique, la future équipe intérimaire serait appelée à engager des réformes structurelles et à adopter des mesures économiques et sociales urgentes.
Si l’organisation d’élections demeure l’objectif final affiché, le consortium estime toutefois que cette étape ne peut être envisagée sans la création préalable d’un climat de sérénité et de confiance, qu’il juge aujourd’hui inexistant.
Se présentant comme un acteur impliqué dans « plus d’une douzaine de rencontres » autour des solutions à la crise, le Consortium Patriotique lance enfin un appel à l’unité des pôles politiques et sociaux structurés. Il les invite à œuvrer ensemble à l’adoption d’un document unique et fédérateur, dans lequel devraient primer exclusivement « les seuls intérêts supérieurs de la nation », en rupture avec les logiques partisanes.
Cet appel à un front commun, conjugué au durcissement du ton employé, illustre l’ampleur de l’impasse politique actuelle et la pression croissante exercée sur les autorités de transition, de plus en plus contestées pour leur incapacité à stopper la dégradation de l’État.
Fritz Gerald Hussein VALME



