Port-au-Prince, le 29 janvier 2026 – Le président du parti Force Louverturienne Réformiste (FLR), le Dr Emmanuel Ménard, a adressé une lettre urgente au président américain Donald Trump, ce mercredi 29 janvier 2026, pour l’exhorter à intervenir face à la menace d’expulsion de plus de 400 000 Haïtiens bénéficiant du Statut de Protection Temporaire (TPS) aux États-Unis, à partir du 3 février prochain.
Dans sa correspondance, le dirigeant politique dresse un constat préoccupant de la situation en Haïti, évoquant une aggravation notable de la crise sécuritaire, politique, économique et humanitaire. Il rappelle que l’octroi du TPS reposait sur la reconnaissance internationale de la gravité extrême des conditions de vie dans le pays.
UNE CRISE QUALIFIÉE DE “SANS PRÉCÉDENT” PAR L’ONU
Pour appuyer son plaidoyer, le Dr Ménard cite une récente déclaration de Jennifer Locetta, représentante des États-Unis aux Nations unies pour les affaires politiques spéciales. Le 21 janvier, devant le Conseil de sécurité, elle a affirmé qu’Haïti traverse une crise sans précédent, marquée par l’emprise des gangs sur plusieurs communautés, des actes de violence et l’exploitation de jeunes par des réseaux criminels. Elle a également averti que cette instabilité représente une menace régionale, affectant les Caraïbes et l’ensemble de l’hémisphère occidental.
Selon Emmanuel Ménard, renvoyer massivement des ressortissants haïtiens dans un tel contexte constituerait une mesure à la fois dangereuse et contradictoire.
UN IMPACT POTENTIEL SUR LES EFFORTS DE STABILISATION
Au-delà de l’argument humanitaire, le président de la FLR estime que ces expulsions risqueraient de compromettre les initiatives américaines visant à restaurer la paix en Haïti, notamment celles récemment évoquées par le Secrétaire d’État Marco Rubio devant le Sénat.
Il plaide pour une cohérence stratégique, soulignant l’incompatibilité entre un engagement en faveur de la stabilisation du pays et le renvoi forcé de centaines de milliers de personnes dans un environnement dominé par l’insécurité.
UNE DEMANDE D’INTERVENTION AUPRÈS DU DÉPARTEMENT DE LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE
Face à l’urgence, le Dr Ménard appelle le président Trump à intervenir auprès du Département de la Sécurité intérieure (DHS) afin d’obtenir une prolongation du TPS, conformément aux dispositions de la loi américaine sur l’immigration adoptée en 1990.
Il rappelle également la contribution économique et sociale des Haïtiens vivant aux États-Unis, soulignant leur rôle en tant que travailleurs respectueux des lois et acteurs de l’économie américaine.
UN APPEL FONDÉ SUR LE DROIT HUMANITAIRE
En conclusion, Emmanuel Ménard se dit convaincu que la Maison Blanche prêtera une attention particulière à cette requête, au nom des principes du droit humanitaire.
Cette initiative intervient à quelques jours de l’échéance fixée pour la fin du TPS et place l’administration américaine face à un choix délicat, entre rigueur migratoire et responsabilité humanitaire. Le destin de plus de 400 000 personnes demeure désormais suspendu à la décision de Washington.


