À moins d’un mois de l’échéance du 7 février, le Club des Anciennes Ministres (CAMSEH) avance une feuille de route pour éviter un vide institutionnel et instaurer un exécutif paritaire.
Port-au-Prince, Mercredi 14 janvier 2026– À l’approche du 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), les inquiétudes s’intensifient quant à un possible vide institutionnel. Face à cette situation, le Club des Anciennes Ministres et Secrétaires d’État d’Haïti (CAMSEH) est sorti de sa réserve, ce mercredi, pour proposer une série de recommandations visant à préserver la stabilité politique et institutionnelle du pays.
Dans une déclaration solennelle, cette organisation composée d’anciennes femmes d’État exprime sa profonde préoccupation face à l’incapacité du CPT à atteindre ses principaux objectifs, notamment le rétablissement de la sécurité, l’organisation d’une conférence nationale, la tenue d’un référendum constitutionnel et la création des conditions nécessaires à des élections crédibles. Le CAMSEH appelle les autorités de transition et les forces politiques à agir sans délai afin d’éviter une aggravation de la crise.
UN EXÉCUTIF BICÉPHALE ET PARITAIRE COMME ALTERNATIVE
Pour gérer la période post-7 février tout en respectant l’esprit de la Constitution de 1987 amendée, le CAMSEH propose l’instauration d’un exécutif bicéphale et paritaire. Cette formule prévoit une direction conjointe assurée par une femme et un homme, appelés à exercer respectivement les fonctions de Présidence et de Primature. Selon le Club, cette configuration permettrait d’insuffler une gouvernance plus équilibrée et représentative.
UNE FEUILLE DE ROUTE POUR UNE TRANSITION CRÉDIBLE
Les anciennes ministres accompagnent cette proposition institutionnelle d’une feuille de route structurée, articulée autour de plusieurs priorités :
- Un gouvernement inclusif et paritaire, respectant strictement le principe de 50 % de femmes et 50 % d’hommes, avec l’intégration de personnes à mobilité réduite issues de la fonction publique.
- Le rétablissement de la sécurité et de la confiance citoyenne comme fondements de toute action publique.
- Des politiques d’urgence en faveur des déplacés internes affectés par la violence armée.
- Une lutte effective contre la corruption, fondée sur des engagements clairs et des actions mesurables.
- La mise en place d’un organe indépendant de contrôle de l’exécutif, composé de 12 membres au maximum.
- L’organisation d’élections générales crédibles, inclusives et démocratiques, avec une passation de pouvoir prévue en 2027.
UN APPEL AU DIALOGUE ET À L’UNITÉ
À travers cette initiative, le CAMSEH souhaite favoriser un dialogue national structuré. Le Club invite l’ensemble des acteurs à dépasser les clivages et à œuvrer dans l’intérêt supérieur du pays afin de rétablir la sécurité et la légitimité des institutions.
Dans un contexte marqué par l’incertitude et la crainte d’un effondrement institutionnel, cette prise de position apporte une contribution notable au débat national, en mettant en avant des propositions concrètes portées par des voix expérimentées. Reste à savoir si les acteurs politiques sauront saisir cette opportunité.
Fritz Gerald Hussein VALME


