Port-au-Prince, le 23 janvier 2026– Face à la persistance de la crise politique et à l’échéance du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), fixée au 7 février 2026, le Club des Anciennes Ministres et Secrétaires d’État d’Haïti (CAMSEH) avance une proposition de sortie de crise. Dans une note rendue publique ce vendredi, le collectif plaide pour la création d’une commission de facilitation neutre, chargée d’organiser rapidement une assise politique décisive.
PRÉVENIR UN VIDE INSTITUTIONNEL
Après une première prise de position la semaine précédente, le CAMSEH formule cette fois une démarche concrète à l’intention des forces politiques et sociales du pays. L’objectif est d’établir un cadre de dialogue inclusif permettant de dégager un consensus sur la gouvernance de la transition et d’éviter un vide institutionnel à l’expiration du mandat du CPT.
La proposition repose sur l’organisation d’une assise politique de trois jours, supervisée par une commission de facilitation. Celle-ci aurait pour mission d’accompagner les différents groupes engagés dans la recherche d’une issue à la crise vers un accord commun. Les travaux devraient déboucher sur une feuille de route consensuelle définissant la conduite de la période transitoire restante.
UNE COMMISSION FONDÉE SUR LA CRÉDIBILITÉ ET LA NEUTRALITÉ
Afin d’assurer la légitimité du processus, le CAMSEH propose que la commission soit composée de personnalités reconnues pour leur indépendance et leur autorité morale. Elle serait constituée de :
- le président de la Cour de cassation, agissant comme président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) ;
- le Protecteur du citoyen (OPC) ;
- le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince ;
- le recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH) ;
- un représentant de la plateforme Religion pour la Paix ;
- deux membres en fonction du Conseil Présidentiel de Transition.
UN ACCOMPAGNEMENT INTERNATIONAL COMME GARANTIE
Soucieux de la transparence et de la crédibilité des assises, le CAMSEH recommande la présence d’observateurs internationaux, invités officiellement par les facilitateurs Haïtiens. Les organisations mentionnées sont la CARICOM, l’Organisation des États Américains (OEA) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), appelées à jouer un rôle d’observation du processus.
UN APPEL À LA RESPONSABILITÉ COLLECTIVE
Dans sa note, le CAMSEH exprime l’espoir que cette initiative constitue une contribution constructive pour mettre fin à l’incertitude institutionnelle qui pèse sur l’avenir du pays. Par cette démarche, les anciennes ministres et secrétaires d’État entendent favoriser un dialogue national à la hauteur de l’urgence. Reste désormais aux acteurs politiques et à la société civile de décider s’ils saisiront cette proposition à l’approche d’une échéance jugée critique.
Fritz Gerald Hussein VALME



