
Depuis l’arrivée de Leslie Voltaire à la présidence du CPT, le conseil pousse pour un remaniement ministériel. Toutefois, cette initiative rencontre une forte opposition de la part de Garry Conille, qui a fermement rejeté cette idée. Dans une correspondance officielle adressée au président du CPT, Conille met en garde contre les conséquences d’un remaniement sans évaluation préalable des ministres, affirmant que cela risquerait d’aggraver la crise actuelle. « Ce n’est pas un changement de gouvernement qui résoudra les problèmes des 700 000 déplacés internes et des 5,5 millions de personnes en insécurité alimentaire », déclare le Premier ministre dans cette lettre, dont une copie a été obtenue par la rédaction de Métronome.
Le CPT, en réaction, a qualifié la lettre du Premier ministre d’« arrogante », exacerbant davantage les tensions et installant ce que des sources décrivent comme un point de non-retour entre la Primature et le CPT.
Par ailleurs, le conflit vient de franchir un nouveau cap avec la demande de Garry Conille d’écarter les trois conseillers du CPT impliqués dans la scandale de corruption touchant la Banque Nationale de Crédit (BNC). Selon les informations obtenues par Métronome, un membre du CPT a rappelé que le Premier ministre n’a pas cette prérogative et a qualifié cette requête de provocation. Pendant ce temps, la population haïtienne continue de subir les effets de l’insécurité et des violences armées, alors que les rivalités politiques s’intensifient.