Face à l’effondrement du pouvoir exécutif, à moins de deux semaines de la fin théorique de la transition, une large coalition avance une initiative de facilitation nationale pour prévenir un chaos généralisé.
Port-au-Prince, le 26 janvier 2026 – Une vaste coalition regroupant le Consortium Patriotique, le Collectif des acteurs haïtiens pour le développement, l’Organisation alternative, ainsi que des représentants des secteurs politique, économique, syndical, professionnel, les organisations paysannes, de la jeunesse, des femmes et de la diaspora, a lancé ce lundi un cri d’alarme solennel. Dans une déclaration conjointe, ces acteurs dénoncent une dégradation accélérée de la situation nationale et dressent le constat d’un effondrement des institutions de transition.
À moins de douze jours ouvrables de la fin prévue de son mandat, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) est décrit comme étant en pleine implosion. Selon les signataires, la présidence collégiale est désormais incapable de fonctionner, faute de consensus décisionnel, tandis que le gouvernement est considéré comme de facto démissionnaire. Cette paralysie institutionnelle fait peser, avertissent-ils, une menace immédiate de chaos généralisé sur le pays.
Face à ce qu’ils qualifient de situation d’une gravité extrême, les membres du collectif en appellent à la responsabilité citoyenne et nationale. Toutefois, la démarche ne se limite pas à un simple constat : elle s’accompagne d’une proposition structurée visant à désamorcer la crise et à éviter l’effondrement total de l’État.
Au cœur de cette initiative figure la création urgente d’un Collège national de facilitation, composé de la Conférence des recteurs, des présidents d’universités et des dirigeants du secteur de l’enseignement supérieur haïtien. Cette instance serait chargée de conduire un dialogue inclusif entre les différentes parties prenantes.
Afin de garantir la neutralité et la crédibilité du processus, le collectif propose que les échanges se déroulent sous observation internationale, placée sous l’égide du Saint-Siège. La Nonciature apostolique, représentation diplomatique du Vatican en Haïti, est ainsi suggérée comme cadre neutre et sécurisé pour accueillir les discussions.
L’objectif affiché est clair et le délai particulièrement serré : parvenir, avant le 1er février 2026, à une entente nationale capable de tracer une issue politique consensuelle à la crise actuelle.
Dans une conclusion empreinte de gravité, les signataires soulignent que cette initiative relève moins d’un choix que d’un impératif national. « L’urgence de l’heure l’exige, la survie de la patrie l’impose », affirment-ils, alors qu’Haïti semble plus que jamais suspendue au bord du précipice.



