
Dans une série de décisions marquantes, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) d’Haïti a intensifié ses actions entre le 10 et le 14 mars afin de jeter les bases d’une transition politique apaisée et d’une stabilité durable. Ces initiatives, dévoilées le vendredi 14 mars dernier, ont pour objectif explicite de préparer l’organisation des élections de 2026 et de répondre aux défis structurels du pays.
UN CENTRE DE DOLÉANCES POUR ÉCOUTER LES CITOYENS
Parmi les mesures phares figure la création d’un Centre de Doléances, destiné à recueillir les préoccupations et réclamations des Haïtiens. Cette plateforme, présentée comme un outil de « démocratie participative », permettra aux citoyens de signaler des dysfonctionnements administratifs ou des abus, une démarche inédite dans un contexte de défiance historique envers les institutions.
COORDINATION JUDICIAIRE ET RÉVISION BUDGÉTAIRE
Le CPT a parallèlement engagé des discussions avec le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) pour renforcer la coordination des institutions judiciaires, essentielle à la tenue d’élections crédibles. Par ailleurs, une révision du budget de l’État a été annoncée, visant à optimiser l’allocation des ressources publiques dans un pays frappé par une crise économique aiguë.
DIALOGUE INTERNATIONAL ET RENFORCEMENT SÉCURITAIRE
Sur le plan diplomatique, des échanges ont eu lieu avec le Mexique pour « consolider les capacités militaires et techniques » haïtiennes, selon une source gouvernementale. Cette coopération s’inscrit dans un effort plus large de sécurisation du territoire, condition sine qua non à la réalisation du scrutin de 2026. Enfin, une collaboration accrue avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a été actée, notamment pour un appui logistique et un suivi électoral.
OBJECTIF 2026 : UNE FEUILLE DE ROUTE AMBITIEUSE
Bien que le calendrier reste serré, ces mesures illustrent la volonté affichée du CPT de rompre avec les erreurs du passé. « Il s’agit de restaurer la confiance et de poser les jalons d’un État fonctionnel », a souligné un membre du Conseil sous couvert d’anonymat. Reste à voir si ces annonces se traduiront par des actions tangibles dans un pays où l’instabilité politique et la violence endémique entravent toute reconstruction depuis des années.
La communauté internationale, notamment les États-Unis et l’ONU, suit de près ces développements, appelant à une « transition inclusive ». Pour des millions d’Haïtiens, l’enjeu est simple : voir enfin émerger les prémices d’un avenir stable.