Le coordonnateur du CNSCA appelle à une refondation nationale et met en garde contre le risque de manquer les grands rendez-vous historiques
Port-au-Prince, Le 30 Décembre 2025 – Lors d’une interview accordée ce mardi à la Radio Télévision Caraïbe, le coordonnateur du Conseil National de la Société Civile Ayitienne (CNSCA), Joseph Domingue Orgella, a lancé un appel ferme et structuré à la nation haïtienne. Il exhorte les citoyens et les élites à tout mettre en œuvre pour que l’année 2026 ne répète pas les errements de 2025, et plaide pour une refondation profonde et immédiate du pays.

Avec une approche pédagogique, M. Orgella a énoncé ce qu’il considère comme les conditions indispensables à une renaissance nationale :
« Premièrement, reconnaître que nous avons réduit le pays à néant au cours des quarante dernières années. Deuxièmement, cesser de détruire. Troisièmement, nous accorder pour construire un pays où chacun peut vivre dignement. »
Il a également soulevé les questions essentielles du calendrier et des acteurs de cette reconstruction, présentant cette démarche comme la feuille de route du CNSCA à l’horizon de l’année 2026.
SE RÉCONCILIER AVEC L’HISTOIRE POUR BÂTIR L’AVENIR
Pour le coordonnateur du CNSCA, le redressement d’Haïti passe inévitablement par un retour lucide aux racines historiques. Il a insisté sur la nécessité de « fouiller dans notre passé », évoquant les grandes étapes fondatrices telles que Bois-Caïman, l’Arcahaie et le camp Gérard, jalons essentiels de l’indépendance nationale.
« C’est à cette condition que le 1er janvier 2026 pourra marquer dignement les 222 ans de notre indépendance », a-t-il affirmé, rappelant qu’Haïti demeure un État souverain, malgré une situation qu’il qualifie « d’extrêmement difficile ».
Joseph Domingue Orgella déplore toutefois une mauvaise gestion de l’héritage historique légué par les pères fondateurs, estimant que la trajectoire actuelle du pays s’en éloigne dangereusement. Il met en garde :
« Comme nous avons raté le bicentenaire de 2004, nous risquons, si rien n’est fait, de rater aussi le 250ᵉ anniversaire de notre indépendance. »
LE POIDS DU PASSÉ ET L’URGENCE D’UN “REFORMATAGE ” NATIONAL
Dans un diagnostic sans concession, le coordonnateur du CNSCA établit un lien direct entre les fractures historiques et la crise actuelle.
« Nous payons aujourd’hui les conséquences de nos choix passés : nous avons assassiné celui qui nous a donné l’indépendance, Jean-Jacques Dessalines, puis interdit pendant quarante ans qu’on parle de lui », a-t-il déclaré.
Selon lui, le “reformatage” de la société haïtienne, concept régulièrement défendu par le CNSCA, doit désormais passer du discours à l’action afin de préparer les générations futures. « Sans unité nationale, rien n’est possible », a-t-il martelé.
LE 7 FÉVRIER 2026 : UNE ULTIME CHANCE ?
Évoquant la date du 7 février 2026, qui marquera la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Joseph Domingue Orgella a dressé un constat amer. Cette date, symbole historique de la fin de la dictature des Duvalier, n’aurait pas été exploitée comme un levier de transformation nationale.
« Nous n’avons pas su donner un sens constructif à cette date ; au contraire, nous avons continué à détruire le pays », a-t-il regretté.
Face à cette échéance imminente, le coordonnateur du CNSCA appelle à un sursaut collectif, fondé sur l’unité, le dialogue et un consensus national, afin de « mettre de l’ordre chez nous ». Son intervention se présente ainsi comme un avertissement clair mais aussi comme un appel à l’espoir conditionné à l’action.
Le message est sans ambiguïté : l’heure n’est plus aux discours, mais à la refondation nationale, pour que les engagements pris se traduisent enfin en actes concrets.
Fritz Gerald Hussein VALME



