Delmas, 10 février 2026 – L’urgence est désormais politique. Dans un communiqué publié mardi, la Grande Alliance Patriotique pour la Promotion de la Conférence Nationale fustige l’inaction des autorités face à sa proposition d’organiser, dès janvier dernier, une Conférence nationale. Selon l’organisation, cette initiative ignorée aurait pu prévenir la dérive institutionnelle actuelle.
L’Alliance dénonce une incertitude politique persistante, qu’elle estime évitable, et regrette la non-mise en place du Comité de médiation nationale, pourtant soumis au Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Ce manque de réponse, qualifié de préoccupant, contribuerait à l’aggravation de la crise et à l’érosion des perspectives de sortie durable.
Dans un contexte où le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé concentre l’exercice du pouvoir exécutif, la coalition appelle à une réaction immédiate. Elle exhorte le chef du gouvernement à convoquer, sans délai, un dialogue national large, inclusif et sincère, afin de restaurer la confiance publique et de redonner une orientation claire à l’action politique.
Pour structurer cette démarche, la Grande Alliance propose la mise en place rapide d’un Comité de dialogue national, regroupant cinq secteurs clés : l’Université d’État d’Haïti (UEH), le Barreau de Port-au-Prince, le Rasanbleman Sitwayen, le Congrès Patriotique et le Groupe Interreligieux. Ce cadre, auquel seraient associés les pouvoirs exécutif et judiciaire, aurait pour mandat de préparer les conditions d’une Conférence nationale crédible et représentative.
Dans un appel appuyé à la responsabilité collective, l’organisation invite l’ensemble des forces vives — politiques, religieuses, économiques et sociales — à faire de cette initiative une priorité nationale en 2026.
« La Conférence nationale n’est pas une option, elle est une nécessité », insiste la coalition, dans un message qui sonne comme un avertissement solennel adressé aux décideurs.
Fritz Gerald Hussein VALME


