
Suite au remplacement de la coordinatrice Djina Guillet Delatour à la tête du Programme National de Cantines Scolaires (PNCS), une escalade de tensions est apparue entre les deux institutions, marquée par des échanges de correspondances acerbes et des incidents violents impliquant des membres du personnel du PNCS.
La situation a pris une tournure publique lorsque la Direction Générale du MENFP, dirigée par Yves Roblin, a adressé une lettre à Madame Djina Guillet Delatour pour lui demander de remettre tous les dossiers et matériels du PNCS en sa possession. « La Direction Générale du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle a l’avantage de vous demander, dès réception de la présente, de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de lui faire parvenir tous les dossiers et matériels du PNCS se trouvant en votre possession », écrit Yves Roblin, soulignant ainsi la décision ministérielle du 8 novembre 2024 mettant fin aux fonctions de Mme Delatour.
Cependant, la réponse du PNCS, sous la plume de sa Coordination Générale, ne s’est pas fait attendre. Dans une lettre adressée à Yves Roblin, le PNCS s’est dit « consterné » par la circulation de la correspondance du MENFP sur les réseaux sociaux, émanant apparemment de la Direction Générale du Ministère. La Coordination a remis en question l’authenticité de la lettre et a rappelé au MENFP l’indépendance administrative du PNCS. « Le Programme National de Cantines Scolaires (PNCS) n’a jamais été rattaché à la Direction Générale du MENFP, il suffit de se référer à l’organigramme de ce Ministère », a précisé la Coordination, qui a également souligné que le PNCS « ne dépend pas hiérarchiquement » de la Direction Générale du MENFP.
Outre cette bataille epistolaire, la situation s’est envenimée sur le terrain. Le PNCS a publié une note de presse le 12 novembre 2024, révélant que son bureau avait été la cible d’attaques violentes les 11 et 12 novembre, lorsque des individus armés et masqués ont tenté de pénétrer l’enceinte de l’institution. « Des individus armés non identifiés, certains portant des masques, ont voulu pénétrer l’enceinte de l’institution », déclare la note, ajoutant que des actes de violence ont été perpétrés, blessant plusieurs employés et journalistes présents sur les lieux. Certaines victimes ont dû être transportées d’urgence vers des centres hospitaliers pour recevoir des soins.
La Coordination du PNCS a dénoncé ces attaques et exprimé son soutien aux victimes. « Cette Coordination, en déplorant ces actes délictueux, souhaite un prompt rétablissement à ces employés victimes sur leur lieu de travail », indique le communiqué, tout en affirmant sa solidarité avec les médias et les travailleurs de la presse « touchés par ces actes répréhensibles dans l’exercice de leur fonction ».
Le PNCS a également annoncé avoir pris des mesures pour renforcer la sécurité de ses locaux, tout en encourageant les victimes à saisir la justice. « Elle a déjà pris toutes les mesures nécessaires pour garantir, aux heures de travail, la sécurité de l’espace ainsi que celle des employés et autres occupants passagers », poursuit la note.
Cette confrontation administrative et ces violences sur le terrain illustrent les tensions croissantes entre le MENFP et le PNCS, deux entités censées œuvrer en collaboration pour le bien-être des élèves haïtiens. Alors que le MENFP maintient sa décision de changer la direction du PNCS, l’avenir de cette institution et la gestion des cantines scolaires restent incertains dans un contexte déjà fragile pour l’éducation en Haïti.