
Des milliers de citoyens des quartiers populaires de Canapé-Vert et de Juvénat ont investi l’axe routier de Bourdon le mercredi 19 mars 2025, marchant en direction de la Primature à Musseau, pour dénoncer l’inaction des autorités face à la prolifération des gangs armés. Brandissant des pancartes et scandant des slogans, les manifestants ont réclamé avec véhémence le démantèlement urgent de ces groupes criminels qui terrorisent leurs communautés.
La colère, accumulée après des mois d’insécurité croissante, a atteint son paroxysme lorsque les forces de l’ordre ont tenté de disperser la foule à l’aide de gaz lacrymogènes, près du secteur de Bourdon. Malgré ces interventions, les protestataires, déterminés à faire entendre leurs voix, ont poursuivi leur marche jusqu’aux abords du siège du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et de la résidence officielle du Premier ministre à Delmas 60.
« Nous ne pouvons plus vivre dans la peur. Nos enfants ne vont plus à l’école, les commerces ferment… Où est l’État ? », a lancé une manifestante, sous les applaudissements de la foule. Les participants ont exigé une rencontre avec les responsables gouvernementaux, réitérant leur refus de quitter les lieux sans garanties concrètes.
Interrogé en marge de l’événement, un porte-parole du gouvernement a assuré que « la sécurité reste une priorité », tout en appelant au calme. Une déclaration jugée insuffisante par les organisateurs de la marche, qui menacent de durcir le mouvement si des actions tangibles ne suivent pas.
Cette manifestation, l’une des plus importantes de ces derniers mois, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’insécurité, alors que la pression internationale s’accentue sur Haïti pour rétablir l’ordre public.
Fritz Gerald Hussein VALME