
La liste des victimes continue de s’allonger. Le doute s’installe concernant les chiffres, et il est peu probable que des chiffres définitifs soient disponibles. Une chose est certaine : des vies humaines, des Haïtiens, ont été brutalement massacrées. Entre vendredi et samedi derniers, dans le quartier Wharf de Jérémie, situé a Cité Soleil le plus grand bidonville de Port-au-Prince, une tuerie atroce a coûté la vie à plus de 100 personnes, toutes âgées de plus de 60 ans.
Ce massacre, perpétré par le chef de gang Micanor Altes, alias « Wa Mikano », aurait été une représailles après la mort de son fils. Selon les informations disponibles, le caïd aurait agi sous l’influence d’un prêtre vaudou, qui lui aurait affirmé que les résidents âgés de la communauté étaient responsables du décès de son enfant.
Des groupes de défense des droits humains toujours en quête de détails précis durant le weekend ont confirmé l’existence du massacre au journal américain, Miami Herald. Quant aux autorités, elles ont attendu jusqu’à ce lundi pour communiquer officiellement des chiffres relatifs à cette tuerie.
« Le gouvernement condamne avec une indignation absolue l’atrocité inhumaine perpétrée à Wharf Jérémie, qui a coûté la vie à environ 180 compatriotes sans défense, orchestrée par le chef de gang Micanor », a déclaré la Primature dans un court communiqué publié sur son compte Facebook. Le gouvernement a également affirmé qu’une ligne rouge avait été franchie et que l’État mettrait en œuvre toutes ses forces pour traquer et anéantir ces criminels, tout en exprimant ses sympathies aux familles des victimes.
Par ailleurs, d’autres chiffres ont été communiqués. Pierre Espérance, responsable du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) en Haïti, a estimé le bilan à 110 morts, toutes âgées de plus de 60 ans. De son côté, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a déclaré depuis Genève qu’au moins 184 personnes avaient été tuées lors de ce massacre.
Selon l’ONU, les récents meurtres portent le bilan des victimes à 5 000 morts pour cette année en Haïti. Cette déclaration intervient à l’approche de la Journée des droits de l’homme, célébrée ce mardi 10 décembre.
En effet, Haïti est pris dans un cycle de violence interminable. La violence et les massacres font quotidiennement la une, plongeant le peuple dans une souffrance profonde et intense. Les autorités semblent démunies face à la situation, incapables de trouver des solutions durables, tandis que la communauté internationale observe d’un œil complice. Le pays se retrouve finalement enfermé dans un carcan.
Jassaï MERZY