Naomi Osaka réagit aux propos de Raphaël Glucksmann

La joueuse de tennis japonaise d’origine haïtienne, Naomi Osaka, a réagi de manière percutante aux propos du député européen français Raphaël Glucksmann concernant la Statue de la Liberté. Ce dernier a récemment suggéré que la France devrait reprendre ce monument emblématique, offert aux États-Unis en 1886, en raison de l’évolution politique du pays et des menaces qui pèsent sur les droits fondamentaux.

Sur la plateforme X (anciennement Twitter), Naomi Osaka a interpellé ses abonnés en réagissant à cette déclaration avec une question lourde de sens : « Si on parle de récupérer des choses, est-ce qu’Haïti peut récupérer son argent ? » Une référence directe à la dette imposée à Haïti par la France après son indépendance en 1804.

Une question qui résonne avec l’Histoire

Les propos de Naomi Osaka renvoient à une page sombre de l’Histoire coloniale. En 1825, sous la pression de la marine française, Haïti a été contrainte de verser une « indemnité » de 150 millions de francs or à la France en échange de la reconnaissance de son indépendance. Ce paiement, qui a lourdement pesé sur l’économie haïtienne pendant plus d’un siècle, est aujourd’hui perçu par de nombreux historiens et militants comme une injustice majeure, freinant dès le départ le développement du pays.

Le message de Naomi Osaka s’inscrit dans un débat plus large sur la justice historique et les réparations liées à l’esclavage et à la colonisation. Ces dernières années, plusieurs figures politiques et intellectuelles ont appelé à une reconnaissance et à des mesures concrètes en faveur d’Haïti. En 2022, un rapport du New York Times avait révélé l’ampleur de cette dette et son impact durable sur le pays.

Connue pour son engagement sur des questions de justice sociale, Naomi Osaka n’hésite pas à utiliser sa notoriété pour défendre des causes qui lui tiennent à cœur. En 2020, elle avait notamment pris position contre les violences policières aux États-Unis en portant des masques affichant les noms de victimes afro-américaines.

Sa dernière déclaration sur X a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes applaudissant son audace, tandis que d’autres réfutent la comparaison entre la Statue de la Liberté et la dette haïtienne.

La question des réparations envers Haïti reste un sujet sensible et largement discuté sur la scène internationale. Si la France n’a jamais officiellement reconnu la dette comme une injustice à réparer, le débat refait régulièrement surface, porté par des personnalités influentes comme Naomi Osaka.

Son intervention réaffirme l’importance de ne pas oublier cette page de l’Histoire et remet sur la table une question essentielle, la reconnaissance des torts passés et la possibilité de justice réparatrice pour Haïti.

Santa Barbara JEAN-BAPTISTE

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