Delmas, 2 avril 2026 – Une marée humaine, entre pancartes en main et voix élevées a envahi, ce jeudi, les rues de Delmas. À la veille du 40ᵉ anniversaire de la Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes, célébrée le 3 avril en mémoire de la mobilisation historique de 1986, l’organisation Fanm Angaje a orchestré une importante marche citoyenne.

Conduite par Mme. Marjorie Michel, ancienne ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, la mobilisation a rassemblé plusieurs centaines de participantes et participants issus de la société civile et d’organisations féminines.

« Pa gen demokrasi san fanm », « Aba vyolans nan espas nimerik la », « Konba a ap kontinye » : à travers ces slogans, les manifestantes ont exprimé l’urgence de leurs revendications. Le cortège a parcouru plusieurs artères de Delmas jusqu’aux abords du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes, un lieu symbolique où une œuvre illustrée a été remise. Celle-ci dénonce, selon les organisatrices, les dérives sexistes et les discours de haine diffusés sur les réseaux sociaux par certaines figures médiatiques.
Prenant la parole au terme de la marche, Mme. Marjorie Michel a rappelé la portée de cette mobilisation :
« Il s’agit d’un combat pour la justice, contre toutes les formes de violences faites aux femmes, pour l’égalité et l’inclusion. Quarante ans après 1986, les femmes haïtiennes doivent plus que jamais faire entendre leurs droits. »

Elle a également insisté sur la diversité des violences subies — économiques, sociales, physiques, verbales et numériques — qui continuent, selon elle, de freiner la participation pleine et entière des femmes à la vie publique, notamment politique. L’ancienne ministre a, par ailleurs, interpellé les autorités en appelant à un renforcement des actions contre la cyberviolence et les discriminations structurelles.
UN HÉRITAGE TOUJOURS D’ACTUALITÉ
Le 3 avril 1986, des milliers de femmes haïtiennes étaient descendues dans les rues pour revendiquer leur statut de citoyennes à part entière. Quarante ans plus tard, cette lutte demeure intacte.
« Nous sommes là et nous ne reculerons pas. Les femmes doivent participer aux espaces décisionnels avec dignité et compétence », a-t-elle martelé.
Bien au-delà d’un simple hommage, cette mobilisation se veut un signal fort et un appel à l’action : promouvoir l’égalité, combattre toutes les formes de violence et faire progresser une société réellement démocratique, fondée sur le respect des droits des femmes.
Fritz Gerald Hussein VALME


