
Face à une recrudescence de l’insécurité, plusieurs institutions éducatives de la capitale haïtienne, dont Canado Technique à Saint-Louis-de-Gonzague, ont annoncé, le lundi 17 mars 2025, la suspension immédiate des cours en présentiel pour le reste de la semaine. Les activités pédagogiques se poursuivront à distance, selon un communiqué conjoint signé par des établissements congréganistes, privés et universitaires de la zone.
Les quartiers de Pacot, Turgeau, l’Avenue Christophe et Bois Verna, épicentre du paysage éducatif haïtien, sont de nouveau paralysés par des tensions sécuritaires. « Cette décision, bien que difficile, est nécessaire pour garantir la sécurité de nos élèves, étudiants et personnels », a précisé le regroupement d’institutions, évoquant une « détérioration rapide des conditions sécuritaires ».
Ces secteurs, historiquement marqués par une forte concentration d’écoles et d’universités, subissent depuis des mois des fermetures répétées en raison des violences armées et des blocages. En février dernier, une vague similaire avait contraint des milliers d’étudiants à basculer vers l’enseignement à distance de manière prolongée.
Si certains parents saluent la prudence des directions, d’autres expriment leur exaspération face à un « cycle infernal » qui compromet la continuité pédagogique. « Nos enfants perdent des semaines de cours chaque trimestre », déplorent-ils.
Aucun calendrier de reprise n’a été communiqué. Les établissements concernés promettent toutefois un « accompagnement renforcé » via des plateformes numériques, tout en appelant les autorités à « rétablir un environnement propice à l’éducation ».
Cette nouvelle crise relance le débat sur l’impact socio-économique de l’insécurité chronique, qui frappe particulièrement les familles dépendantes d’écoles privées. En 2023, l’UNESCO alertait déjà sur les risques d’une « génération sacrifiée » en Haïti, où près de 60 % des établissements scolaires ont été perturbés par des violences cette année.
Fritz Gerald Hussein VALME