
La Police nationale d’Haïti (PNH) a intensifié, ce mercredi matin, ses opérations contre les groupes armés en ciblant plusieurs quartiers réputés abriter des chefs de gangs. Des déflagrations puissantes ont été entendues autour de Fort Mercredi, de Gran Ravin, Village-de-Dieu et au bas Delmas, selon des témoignages recueillis auprès des riverains dans la troisième circonscription de la capitale. Bien que les bilans matériel et humain restent inconnus à ce stade, ces attaques marquent un tournant dans la stratégie des forces de l’ordre pour lutter contre l’insécurité croissante.
UNE STRATÉGIE « PLUS EFFICACE » FACE AUX LIMITES DU TERRAIN
Face à la recrudescence des violences, les autorités haïtiennes ont opté pour des méthodes offensives adaptées à leurs moyens logistiques. Selon des sources proches de l’institution, la PNH privilégie désormais des interventions ciblées à distance, évitant les affrontements directs au sol, où les policiers se retrouvent souvent désarmés face à des groupes mieux équipés. « En combat rapproché, nos effectifs manquent cruellement de ressources. Cette approche nous permet d’agir avec plus de précision et de sécurité », a expliqué un responsable sous couvert d’anonymat.
Bien que cette tactique semble porter ses premiers fruits, les défis restent immenses. Les quartiers visés, sous l’emprise des gangs depuis des mois, symbolisent l’impuissance persistante de l’État à rétablir l’ordre. Les habitants, partagés entre l’espoir d’une trêve et la crainte de représailles, dénoncent une situation humanitaire critique, exacerbée par les blocages routiers et les pénuries.
Les autorités promettent des éclaircissements dans les prochaines heures, alors que des enquêtes sont en cours pour évaluer l’impact réel de ces opérations. En attendant, Port-au-Prince retient son souffle, entre lueurs d’espoir et crainte d’une escalade.
Fritz Gerald Hussein VALME