
Le président du Conseil présidentiel de Transition (CPT), Leslie Voltaire, a adressé une lettre au secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, en date du 22 octobre 2024, sollicitant le retour des Casques bleus en Haïti. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre d’une recherche de solution à la crise sécuritaire qui détériore le pays.
Dans sa correspondance, Voltaire a proposé de transformer la mission Kényane actuellement en place en Haïti en une mission de maintien de la paix placée sous le mandat de l’ONU. Il estime que ce changement est essentiel pour renforcer la sécurité et rétablir l’ordre, face à une situation où les forces de sécurité locales sont largement dépassées par les événements.
Ce nouvel appel fait suite à des demandes similaires formulées par son prédécesseur, Edgard Leblanc Fils, qui avait déjà évoqué la nécessité d’une telle intervention lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre. L’initiative actuelle vise à mobiliser une réponse internationale coordonnée pour faire face à l’une des crises les plus graves que le pays ait connues.
Le rapport du secrétaire général de l’ONU, dans lequel sont évoqués les défis sécuritaires auxquels Haïti est confronté, a été bien reçu par le président Voltaire. Il a également remercié les États-Unis, le Canada et la France pour leur soutien à la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS). Cependant, cette mission fait face à des obstacles logistiques, avec des contingents prometteurs de partenaires internationaux qui n’ont pas encore été déployés.
La montée en puissance des gangs, qui intensifient leurs activités criminelles, complique encore plus la situation, rendant les populations encore plus vulnérables. Dans ce contexte, Voltaire a souligné l’urgence d’une intervention pour endiguer la violence, affirmant que les forces de sécurité haïtiennes nécessitent un soutien accru pour restaurer la paix.
Bien que les États-Unis et l’Équateur aient suggéré de transformer la MMSS en opération onusienne pour pallier les manques financiers, la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité, ont exprimé leur opposition à cette proposition, rappelant les échecs des précédentes missions de l’ONU en Haïti, notamment la MINUSTAH.
Alors que les appels au retour des Casques bleus se multiplient, l’avenir de la sécurité en Haïti demeure incertain. Le gouvernement haïtien continue d’œuvrer pour obtenir le soutien international nécessaire à la restauration de l’ordre et à la protection des citoyens, espérant une réponse rapide et efficace de la communauté internationale face à cette situation préoccupante.
Jassaï MERZY