VIV AYITI ET UNIFORSH SAISISSENT LA JUSTICE ET ALERTENT SUR LES RISQUES D’UN « 7 FÉVRIER » SOUS TENSION

Port-au-Prince, 3 février 2026 – Dans un climat politique et sécuritaire particulièrement tendu, à l’approche de la date symbolique du 7 février, marquant la fin théorique du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), l’organisation Viv Ayiti et le collectif UNIFORSH ont tenu, lundi, une conférence de presse au ton grave. Deux axes majeurs ont dominé les échanges : l’avancée d’une plainte judiciaire contre d’anciens responsables de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et des mises en garde contre de possibles troubles.

UNE PLAINTE APPUYÉE PAR UN RAPPORT ONUSIEN

L’avocat Me Arnel Remy a présenté les fondements de la plainte déposée contre l’ancienne direction de la PNH, notamment l’ex-directeur général Normil Rameau. Il a assuré que la démarche est dépourvue de toute motivation politique et repose exclusivement sur des éléments documentés par la communauté internationale.

Le dossier s’appuie sur un rapport conjoint du BINUH et de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime, publié le 6 février 2025 et transmis au Conseil de sécurité. Ce document fait état de la disparition de plus d’un million de cartouches, ainsi que de pertes d’armes et de défaillances logistiques au sein de la PNH.
La plainte évoque notamment des faits de non-assistance à personnes en danger, association de malfaiteurs et trafic d’armes. Selon Me Remy, l’ancien directeur général a déjà été convoqué par la justice.

VIV AYITI DÉNONCE MENACES ET INTIMIDATIONS

Le porte-parole de Viv Ayiti, Rony Thimoté, a affirmé ne nourrir aucun différend personnel avec Normil Rameau, tout en critiquant l’inefficacité des résultats sécuritaires durant son mandat. Il a indiqué que l’organisation fait l’objet de menaces et d’une campagne de dénigrement depuis le dépôt de la plainte.

Dressant un constat alarmant, il a évoqué l’augmentation des violences armées, les enlèvements, les déplacements forcés de populations et l’emprise de groupes criminels sur plusieurs territoires du pays. Pour lui, cette action en justice constitue un acte de responsabilité citoyenne face aux carences institutionnelles.

AVERTISSEMENTS À L’APPROCHE DU 7 FÉVRIER

La seconde partie de la conférence a été marquée par un appel pressant aux autorités. Rony Thimoté a exhorté le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que les forces de sécurité, à prendre des mesures immédiates pour garantir l’ordre public à partir du 6 février à minuit.

Il a mis en garde contre des groupes susceptibles de provoquer des troubles, affirmant que des actions judiciaires pourraient être engagées en cas de passivité des autorités. Il a également évoqué des rumeurs impliquant l’ancien rebelle de 2004 Guy Philippe, suscitant de vives inquiétudes quant à d’éventuelles tentatives de déstabilisation.

De son côté, le dirigeant de l’UNIFORSH Cossy David a rappelé que « 2004 n’est pas 2026 », en référence aux événements politiques passés, et a accusé certains acteurs politiques de tirer parti d’un éventuel climat de chaos.

CRITIQUES DU CPT ET PLAIDOYER POUR LA SOUVERAINETÉ

Les intervenants ont également critiqué la gestion du Conseil Présidentiel de Transition, estimant que les objectifs de sécurisation du pays et d’organisation d’élections crédibles n’ont pas été atteints. Des accusations de mauvaise gestion des fonds publics ont aussi été réitérées contre certains responsables étatiques.

Enfin, le coordonnateur de Viv Ayiti, Biron Odigé, a lancé un appel à l’unité nationale et à la souveraineté, encourageant les forces politiques et sociales haïtiennes à harmoniser leurs propositions afin de définir une solution concertée entre Haïtiens.

UN AVERTISSEMENT ET UN APPEL À LA RESPONSABILITÉ

Dans un contexte marqué par l’incertitude et la tension, Viv Ayiti et UNIFORSH réaffirment leur double exigence : que la justice fasse la lumière sur les manquements passés et que l’État assume pleinement sa mission de protection de la population, afin d’éviter une nouvelle spirale de crise.

Fritz Gerald Hussein VALME

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