Port-au-Prince, 3 septembre 2026 — Le 2ᵉ Forum national de la société civile, organisé sous l’égide du Conseil national de la société civile Ayitienne (CNSCA), s’est achevé jeudi à Port-au-Prince avec l’adoption d’une résolution finale présentée comme une contribution aux réflexions sur les moyens de répondre à la crise multidimensionnelle que traverse Haïti.
La rencontre a réuni des représentants de la société civile et des acteurs issus des secteurs politique, académique, économique, culturel, religieux et syndical, ainsi que des organisations de femmes et de jeunes et des représentants de la diaspora. Les participants ont échangé sur les principaux défis auxquels le pays est confronté et sur les pistes susceptibles de favoriser une sortie durable de la crise.
Les travaux se sont articulés autour de quatre grands axes : la culture, l’économie, la technologie, ainsi que la politique et la démocratie. Les discussions ont abouti à plusieurs recommandations et engagements destinés à alimenter le débat national et à favoriser l’émergence de réponses fondées sur la participation des différents secteurs de la société.
VERS UN DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF
La résolution finale recommande la mise en place, dans les meilleurs délais, d’un Dialogue national inclusif, souverain et structuré. Ce mécanisme devrait réunir les différentes composantes de la nation afin de contribuer à la définition d’une nouvelle gouvernance et à la création des conditions nécessaires à l’organisation d’élections libres, transparentes, crédibles, inclusives et démocratiques.
La société civile est appelée à jouer un rôle important dans ce processus. Le document envisage également un éventuel accompagnement international, notamment à travers une facilitation des Nations unies, tout en mettant l’accent sur les principes de neutralité, d’inclusion, de transparence et de responsabilité.
UNE PROPOSITION DE NOUVELLE GOUVERNANCE
Le Forum préconise par ailleurs la mise en place d’un nouveau pouvoir exécutif bicéphale, doté d’un mandat clairement défini et limité dans le temps.
Cette formule de gouvernance aurait notamment pour priorités de contribuer au rétablissement progressif de la sécurité, au renforcement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, à la réponse aux urgences humanitaires, sociales et économiques, ainsi qu’au renforcement des institutions publiques.
Les participants recommandent également de réunir les conditions institutionnelles et sécuritaires nécessaires à la tenue d’élections crédibles et sécurisées. Ils plaident, dans le même temps, pour le renforcement de la crédibilité et de l’indépendance des institutions chargées de la régulation du processus électoral, notamment le Conseil électoral provisoire (CEP).
« SÉCURITÉ ET GARANTIES DÉMOCRATIQUES D’ABORD »
L’une des principales orientations retenues lors du Forum repose sur un principe directeur : la sécurité et les garanties démocratiques doivent précéder la tenue des élections.
Tout en réaffirmant que les élections libres et démocratiques constituent un impératif républicain, les participants estiment que leur organisation doit être accompagnée de garanties suffisantes pour assurer la protection des citoyens, des candidats, des électeurs, des journalistes, des observateurs et des autres acteurs concernés.
La résolution recommande ainsi la définition d’indicateurs permettant d’évaluer le niveau de sécurité requis pour l’organisation des élections, ainsi que la mise en place d’un organe indépendant chargé de déterminer si les conditions sécuritaires sont réunies.
DES RECOMMANDATIONS APPELÉES À SE TRADUIRE EN ACTIONS
Au-delà des propositions institutionnelles et politiques, les participants se sont engagés à promouvoir les recommandations issues des quatre ateliers auprès des institutions nationales, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile et des partenaires concernés.
Pour le CNSCA, cette démarche vise à faire du Forum non seulement un espace de réflexion, mais également un cadre de mobilisation et d’action autour d’une vision commune de l’avenir du pays.
Adoptée le 3 septembre, la résolution finale doit servir de base aux démarches de dialogue, de plaidoyer et d’action collective visant à contribuer à une sortie de la transition et à la reconstruction d’un cadre institutionnel plus stable.
À travers cette deuxième édition, le Forum national de la société civile entend ainsi renforcer la concertation entre les différentes composantes de la société haïtienne et placer le dialogue national, la participation citoyenne, la sécurité, la démocratie et la recherche de solutions durables au cœur des réflexions sur l’avenir du pays.
Fritz Gerald Hussein VALME


