ORDRE DES JOURNALISTES HAÏTIENS : LE MINISTRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION, LE DRE. EMMANUEL MÉNARD MISE SUR LA RÉGULATION, LA FORMATION ET LA PROTECTION SOCIALE DES JOURNALISTES

CAP-HAÏTIEN, 17 août 2026 — Le ministre de la Culture et de la Communication, Dr Emmanuel Ménard, entend placer la professionnalisation, la formation et la protection sociale des journalistes au cœur de son action. Lors d’une rencontre tenue lundi au Cap-Haïtien avec des journalistes et des responsables de médias, le titulaire du MCC a présenté plusieurs initiatives destinées à répondre aux difficultés auxquelles est confronté le secteur de la presse en Haïti.

Au cours des échanges, Dr. Emmanuel Ménard a insisté sur l’importance d’un dialogue régulier avec les professionnels du secteur. Il a expliqué que les difficultés auxquelles font face les médias et les journalistes figurent parmi ses principales préoccupations. Cette rencontre devait notamment permettre de mieux cerner leurs besoins, de présenter les initiatives engagées par le ministère et de recueillir leurs propositions.

EMMANUEL MÉNARD DÉFEND LA CRÉATION D’UN ORDRE DES JOURNALISTES HAÏTIENS

Parmi les principaux dossiers abordés figure le projet de création d’un Ordre des journalistes haïtiens, que le ministre souhaite faire avancer avec la participation des professionnels concernés.

Selon le Dr. Emmanuel Ménard, la mise en place d’un tel organisme contribuerait à mieux structurer la profession et à renforcer ses mécanismes d’autorégulation. Il estime que les journalistes devraient être associés à la définition des règles professionnelles, aux procédures disciplinaires ainsi qu’à l’organisation de la formation continue.

Dans cette perspective, le ministre considère que les professionnels eux-mêmes doivent occuper une place centrale dans la régulation de leur métier, tandis que l’État serait chargé de créer les conditions institutionnelles nécessaires à son organisation.

« Les premiers à juger les journalistes seraient leurs pairs », a-t-il déclaré, défendant ainsi une approche fondée sur la participation des professionnels plutôt que sur une régulation imposée par les autorités.

Dr. Emmanuel Ménard a par ailleurs annoncé la mise en place envisagée, à partir d’octobre, d’un programme régulier de formation continue destiné aux journalistes, avec l’accompagnement de l’État.

« L’objectif n’est pas de contrôler les journalistes », assure le ministre

Interrogé sur les éventuels risques d’atteinte à la liberté d’expression, le ministre de la Culture et de la Communication s’est voulu rassurant.

Emmanuel Ménard a rejeté l’idée selon laquelle la création d’un ordre professionnel constituerait un dispositif de contrôle de la presse. Il a fait valoir que l’objectif serait plutôt de permettre aux journalistes de mieux s’organiser, de renforcer leurs compétences et de disposer d’un cadre professionnel structuré.

« Quand nous nous organiserons, nous deviendrons une force dans la société », a-t-il soutenu, estimant qu’une profession mieux structurée disposerait également d’un interlocuteur institutionnel clairement identifié auprès de l’État.

Pour le ministre, une meilleure organisation du secteur pourrait contribuer à améliorer les conditions de travail, à renforcer la formation et à favoriser une plus grande reconnaissance de la profession, sans remettre en cause la liberté éditoriale.

VERS UNE ASSURANCE COLLECTIVE POUR LES JOURNALISTES

La protection sociale des professionnels de la presse constitue également l’un des principaux volets présentés par le ministre.

Emmanuel Ménard a indiqué être en discussion avec le directeur général de l’Office d’assurance accidents du travail, maladie et maternité (OFATMA) afin d’examiner la possibilité de mettre en place un protocole d’assurance collective au bénéfice des journalistes.

Il a reconnu les difficultés liées à la situation professionnelle d’une partie des travailleurs de la presse, dont certains évoluent dans des conditions précaires ou sans véritable contrat de travail.

Le ministre a précisé que la démarche de structuration de la profession visait notamment à renforcer sa reconnaissance et sa protection, sans chercher à intervenir dans le contenu éditorial produit par les journalistes.

Le dispositif envisagé pourrait, à terme, s’étendre aux familles des bénéficiaires. Emmanuel Ménard a notamment évoqué la possibilité d’y intégrer les conjoints et d’étudier ultérieurement d’autres mécanismes de protection pour les professionnels ne pouvant plus exercer leur métier.

LA COUVERTURE SANITAIRE COMME PREMIÈRE PRIORITÉ

Dans l’immédiat, le ministre a indiqué que les efforts porteraient prioritairement sur la couverture sanitaire des journalistes. Les discussions avec l’OFATMA se poursuivent afin d’évaluer la faisabilité du dispositif et les conditions de sa mise en œuvre, éventuellement avant la fin de l’exercice en cours ou au début de l’exercice 2026-2027.

Cette initiative est présentée comme une première étape vers un dispositif plus large de protection sociale des professionnels de la presse.

Au-delà de l’assurance maladie, le Dr. Emmanuel Ménard a également évoqué la nécessité d’examiner progressivement d’autres mécanismes, notamment en matière de retraite, afin d’améliorer les perspectives professionnelles des journalistes sur le long terme.

LE MINISTRE APPELLE LES JOURNALISTES À PARTICIPER AU PROJET

En conclusion, Emmanuel Ménard a invité les journalistes et les responsables de médias à travers le pays à s’approprier le projet de création de l’Ordre des journalistes haïtiens.

Il les encourage à participer aux discussions, à formuler leurs critiques et à soumettre des propositions afin de contribuer à l’élaboration du projet.

Pour le ministre, l’enjeu ne se limite pas à la création d’une nouvelle structure professionnelle. Il s’agit également de favoriser un exercice du journalisme mieux organisé, davantage axé sur la formation et bénéficiant d’une meilleure protection sociale, tout en préservant la liberté d’expression et l’indépendance éditoriale.

À travers ces différentes initiatives, le ministre de la Culture et de la Communication entend faire de la professionnalisation, de la formation et de la protection sociale des journalistes des axes majeurs de son action en faveur du secteur de la presse en Haïti.

Fritz Gerald Hussein VALME

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