Réuni en Conseil des ministres le mardi 2 juin, le gouvernement a adopté le budget rectificatif de l’exercice fiscal 2025-2026. Évaluée à 360,3 milliards de gourdes, cette enveloppe représente une hausse de 4,3 % par rapport au budget initial et reflète les priorités de la transition : rétablir la sécurité, préparer les élections et soutenir la reprise économique.
Cette révision intervient dans un contexte économique encore fragile. Les prévisions de croissance du PIB réel ont été revues de +0,3 % à -1,9 %, en raison de l’évolution de la conjoncture. Malgré ce recul, la situation demeure moins préoccupante que lors de l’exercice précédent (2024-2025), laissant entrevoir des signes de stabilisation.
TROIS PRIORITÉS MAJEURES
Le budget s’articule autour de trois axes d’intervention :
- le renforcement de la sécurité alimentaire, des programmes sociaux et de l’accès aux services essentiels ;
- la relance de l’économie à travers la réhabilitation des infrastructures et le soutien au secteur agricole ;
- l’organisation des élections, considérée comme une étape indispensable au retour à la stabilité institutionnelle.
Le cadre macroéconomique a été ajusté afin de préserver les principaux équilibres financiers tout en tenant compte des contraintes budgétaires et des risques inflationnistes. La pression fiscale devrait demeurer relativement stable, tandis que les émissions de bons du Trésor seront modulées selon les conditions du marché et les capacités du système financier.
DES RECETTES PRINCIPALEMENT ISSUES DES RESSOURCES INTERNES
Le financement repose essentiellement sur les recettes nationales. La Direction générale des Impôts (DGI) et l’Administration générale des Douanes (AGD) devraient mobiliser 243,1 milliards de gourdes, soit 67,5 % des ressources prévues.
Les dons et emprunts extérieurs sont estimés à 70 milliards de gourdes, représentant 19,4 % du financement total. À cela s’ajoutent 24,8 milliards de gourdes provenant des bons du Trésor, 16,45 milliards de la Banque de la République d’Haïti (BRH) ainsi que d’autres mécanismes de financement interne. Au total, les ressources domestiques atteignent 288,7 milliards de gourdes, soit 80,1 % de l’enveloppe globale.
UNE HAUSSE DES INVESTISSEMENTS PUBLICS
Les dépenses se répartissent entre :
- 213,7 milliards de gourdes (59,3 %) destinés aux dépenses courantes, dont 31,5 % consacrés aux rémunérations et 19,4 % à l’acquisition de biens et services ;
- 146,6 milliards de gourdes (40,7 %) alloués aux dépenses d’investissement, contre 131,9 milliards dans le budget initial.
Cette progression des dépenses de capital traduit la volonté des autorités de poursuivre les investissements publics, notamment dans les secteurs jugés stratégiques pour le rétablissement de la sécurité et la relance de l’activité économique.
À travers ce budget rectificatif, le gouvernement cherche à concilier les impératifs sécuritaires et électoraux avec la nécessité de maintenir l’investissement public, dans un contexte marqué par la recherche de stabilité et de redressement économique.
Fritz Gerald Hussein VALME


