CHAOS SÉCURITAIRE ET CRISE ÉLECTORALE : LES SIGNATAIRES DU PACTE NATIONAL POUR LA STABILITÉ ET L’ORGANISATION DES ÉLECTIONS ACCUSENT LE GOUVERNEMENT D’INACTION

Port-au-Prince, 28 mai 2026 – Dans une lettre ouverte au ton particulièrement sévère, les signataires du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections dénoncent le refus du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de les rencontrer, tout en pointant du doigt l’aggravation alarmante de la crise sécuritaire et les dérives entourant le processus électoral.

Selon les signataires, une première invitation avait été adressée au chef du gouvernement le 20 mai dernier afin d’engager un échange jugé « crucial » sur l’état d’avancement des engagements pris dans le cadre du pacte.
« Votre refus de rencontrer les signataires vous a malheureusement privé de la compréhension des raisons profondes de cet appel au dialogue », écrivent-ils, évoquant un « détachement inquiétant » face aux souffrances de la population.

Violence généralisée : « le pays s’enfonce dans l’horreur »

Dans leur correspondance, les signataires dressent un constat accablant de la situation sécuritaire. De Marchand-Dessalines à Seguin, en passant par Cité Soleil et plusieurs autres zones du pays, les actes de violence se multiplient quotidiennement.

Ils citent notamment l’assassinat récent du Docteur Germain Roger propriétaire du laboratoire Gamma, présenté comme « un pilier compétent et responsable de la société », pour illustrer l’ampleur de la crise.

« Chaque citoyen qui tombe sous les balles assassines rappelle tragiquement l’incapacité de l’État à protéger sa population », déplorent-ils.

PROCESSUS ÉLECTORAL : DE GRAVES ACCUSATIONS CONTRE LE GOUVERNEMENT

Au-delà de l’insécurité, les signataires mettent en cause la gestion du processus électoral. Ils rappellent que le Conseil électoral envisageait initialement un effectif de 30 000 membres afin d’encadrer les quelque 300 partis agréés, une proposition discutée avec plusieurs acteurs politiques.

Or, selon eux, le gouvernement a modifié ce dispositif en faisant passer cet effectif de « 30 000 à 10 000 membres », dans ce qu’ils qualifient de « laboratoire politique de Monsieur Fils-Aimé ».

Ils dénoncent également un « décret scélérat » qui placerait, selon eux, le Premier ministre au-dessus de la Constitution de 1987 amendée.

« L’organisation des élections relève exclusivement du Conseil électoral. Le gouvernement doit respecter l’indépendance de cette institution », rappellent-ils, avant d’affirmer :
« À ce stade, tout porte à croire que le gouvernement de Monsieur Didier ne souhaite pas organiser d’élections. »

LE TEMPS DES DISCOURS EST PASSÉ

Face à la détérioration continue de la situation, les signataires appellent les autorités à agir sans délai.

« Le temps de l’inaction est révolu », martèlent-ils, estimant que l’effondrement de la sécurité publique « dépasse l’entendement » et accentue chaque jour davantage la rupture entre l’État et les citoyens.

Tout en réaffirmant leur ouverture au dialogue, ils espèrent « qu’il n’est pas encore trop tard pour éviter le chaos annoncé ».

La lettre porte notamment les signatures de Mme Marie Denise Claude, coordonatrice générale de l’Assemblée des signataires, et de M. Gresseau Angelot, représentant du groupe signataire majoritaire du Pacte national.

Fritz Gerald Hussein VALME

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